Près de 800.000 migrants, fuyant les violences du Moyen-Orient et actuellement bloqués en Libye, sont retenus pour beaucoup dans les conditions insalubres des centres de détention, en témoigne la présidente de MSF International.

Les migrants ne sont pas au bout de leur souffrance. Pour rejoindre l’Europe par la Méditerranée, certains sont aujourd’hui retenus contre leur gré dans des centres de détention qui dépendent du ministère de l’Intérieur libyen.

La Libye, lieu de « concentration de souffrance »

La présidente de Médecins sans Frontières International, Joanne Liu, qui a visité un centre de détention de migrants en Libye début septembre, informe que ces derniers sont « soumis régulièrement à des violences arbitraires, à des tortures. »

Elle raconte avoir aperçu « une mer de visages émaciés qui attendaient, là dans une salle sombre, mal ventilée, les uns sur les autres. » La présidente de Médecins sans Frontières déclare n’avoir « jamais vu, à si grande échelle, une concentration de souffrance humaine comme ça. »

L’Europe accusée par MSF d’ »alimenter un système criminel »

L’Europe, qui n’empêche pas le blocage des bateaux des ONG, obligés de revenir en Libye lors de leur traversée vers le vieux continent, a notamment été accusée par MSF, dans une lettre ouverte le 7 septembre, d’ »alimenter un système criminel. »

Joanne Liu dénonce implicitement la passivité de Bruxelles et suggère aux français d’avoir une politique claire qui empêche ce genre de désastre humanitaire. Il faut, selon elle, comprendre « que cette politique, aujourd’hui, de ‘Je ne veux pas les voir dans mes rues, dans mes forêts’, a un coût, et le coût est humain. »

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