L’AfD fait monter la pression pour rallier les indécis et les déçus de la CDU à l’Est.

Des nuages sombres s’amoncellent derrière les tours de la cathédrale de Magdebourg mardi soir. Le meeting électoral en vue des législatives ne fait que commencer mais, déjà, Alexander Gauland, l’une des deux têtes de liste de l’AfD, le parti d’extrême droite allemand, galvanise son public.

« Sous ces tours qui ont vu des siècles d’histoire, il faut nous souvenir de notre patrie qui nous a tant apporté », entame l’éditorialiste de 76 ans. Après des guerres intestines qui ont décimé l’aile modérée du parti, cet ancien cadre de la CDU avait été choisi, avec l’économiste de 38 ans Alice Weidel, pour mener en tandem la liste de l’Alternative pour l’Allemagne en vue des législatives du 24 septembre.

Dernièrement, le parti a durci sa ligne pour marquer le terrain médiatique. Des dizaines de militants dépêchés par autobus accueillent régulièrement, aux cris de « Merkel, dégage ! », les apparitions de la chancelière en campagne pour sa réélection. Les médias sociaux s’empressent de relayer les slogans, selon la méthode bien rodée par le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip) notamment.

Et, à la tribune de Magdebourg, les messages sont clairs. « Il faut protéger le pays contre le million d’étrangers » que la chancelière a laissé entrer. Il faut « une opposition forte de l’AfD » au Bundestag « pour la démocratie » et contre une future coalition entre les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates. Alors que l’orage gronde, les quelque 350 personnes groupées autour de la tribune opinent et applaudissent lorsqu’Alexander Gauland fustige « l’islamisation » de la société.

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