Le Pape François Ier conditionne sa visite en RDC par l’organisation des élections présidentielles prévues en fin d’année, a annoncé mercredi, un haut représentant religieux.

Le Nonce apostolique en République Démocratique du Congo, Monseigneur Luis Mariano Montemayor, s’exprimait au cours d’un entretien avec la radio Okapi (la radio de la mission Onusienne en RDC), à l’issue d’une visite qu’a effectué le représentant du Pape dans l’espace Kasaï (centre de la RDC), ravagé depuis une année par les violences qui ont fait plus de 3000 morts, a-t-il rappelé.

Dressant un tableau sombre de la situation humanitaire dans le Kasaï, le représentant du Pape en RD Congo, a indiqué que le Pape François ne viendra en RDC qu’après la tenue des élections et la décrispation du climat politique actuel.

«Je l’ai déjà dit en public de façon élégante. Vous me demandez de le faire très précisément. Mais, je l’ai déjà dit. Et le gouvernement Congolais connait parfaitement notre position» a déclaré Montemayor.

Rappelant que le gouvernement avait exprimé son vœu de recevoir la visite du Pape François, l’ambassadeur du Vatican a déclaré craindre que celle-ci soit tournée en manipulation par la classe politique Congolaise soit dans l’objectif de rassurer la communauté internationale qu’une crise n’est pas probable en RDC à la suite du maintien de Joseph Kabila au pouvoir, soit par l’opposition Congolaise qui a toujours appelé au départ de l’actuel chef de l’État Congolais par la contestation.

«En présentant ma lettre de créance au président Joseph Kabila en 2015, il m’a dit qu’il serait content de la venue du Saint Père. Il m’a demandé quand est-ce qu’il viendrait. J’ai répondu par une boutade : quand vous finirez le dialogue congolais», a-t-il poursuivi.

» Quand il y aura élection, on sera sûr qu’il y aura les conditions d’une pacification du pays. Avant cette étape, il y a risque de manipulation, d’exploitation de la visite du Saint Père. Soit pour dire qu’il appuie la continuation du gouvernement illégitime. Soit pour ceux qui espèrent expulser le régime en fonction des mouvements populaires», a-t-il ajouté.

Dans une interview accordée au journal Allemand Die Zeit et parue le 9 mars dernier, le souverain pontife avait annoncé l’annulation de sa visite en RDC en raison de l’impasse politique dans le pays.

Le souverain pontife qui devait se rendre dans le pays entre juillet et août 2017, avait évoqué l’impasse politique dans le pays pour justifier l’annulation de sa visite.

Depuis décembre 2016, la RDC vit une crise due essentiellement à la non-organisation des élections présidentielles prévues en décembre 2016 et au non respect de textes de l’accord du 31 décembre, qui définit le mode de fonctionnement du pays après l’expiration du dernier mandat de Joseph Kabila.

L’opposition accuse le régime en place d’appliquer cet accord sur mesure et de retarder l’organisation du scrutin présidentiel en vue de maintenir Joseph Kabila au pouvoir en violation de la Constitution.

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