Le Congrès péruvien, contrôlé par l’opposition, a refusé vendredi la confiance au gouvernement, l’obligeant à démissionner.

 

Le président Pedro Pablo Kuczynski, qui a repoussé un voyage prévu au Vatican et à l’Assemblée générale de l’ONU, doit à présent proposer un nouveau cabinet qui devra être approuvé par le Parlement.

«Je respecte la Constitution et la démocratie. Nous allons procéder conformément à la loi», a twitté le président.

Le Congrès (Parlement monocaméral) a refusé la confiance demandée par le président du conseil des ministres, Fernando Zavala, par 77 voix contre, 22 pour et 16 abstentions.

«La confiance n’a pas été approuvée (…) cela provoque la crise complète du gouvernement», a déclaré le président du Congrès Luis Galarreta, membre du parti d’opposition Fuerza Popular (droite) dirigé par Keiko Fujimori.

Avant le vote du Congrès, la deuxième vice-présidente péruvienne Mercedes Araoz avait indiqué que le président avait suspendu un voyage programmé au Vatican et à l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

«Ce fut un honneur de servir le pays sous la direction du président Kuczynski. Diriger et défendre des mesures politiques qui bénéficient à tous les Péruviens», a twitté M. Zavala après le vote.

M. Zavala avait posé la question de confiance au Congrès alors que la ministre de l’Education Marilú Martens était menacée de censure par les députés.

M. Kuczynski, un ancien banquier qui a pris ses fonctions le 28 juillet 2016 après avoir été élu de justesse contre Mme Fujimori, fille de l’ancien chef de l’Etat Alberto Fujimori (1990-2000), avait déjà perdu trois ministres dans des passes d’armes avec le Congrès durant sa première année au pouvoir.

Il s’agit du prédécesseur à l’Education de Mme Martens, Jaime Saavedra, parti après le rejet de ses réformes sur l’égalité des genres accusées par les conservateurs et l’Eglise de «promouvoir» l’homosexualité, ainsi que des ministres de l’Economie et des Transports.

Sur les 130 sièges du Congrès, la formation présidentielle, Peruanos por el Kambio, compte 18 députés contre 73 pour la formation de Mme Fujimori.

Si les députés rejettent à nouveau le gouvernement, le président a la possibilité de dissoudre le Congrès et de convoquer de nouvelles élections législatives. Le mandat de M. Kuczynski comme des actuels députés court jusqu’en 2021.

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