À l’appel d’un collectif d’associations de policiers nationaux indépendants, des agents ont défilé samedi à Paris et dans d’autres grandes villes pour dénoncer leurs conditions de travail.

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Un an après des manifestations inédites, plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi après l’appel lancé par trois associations de policiers. À Paris, 120 personnes ont défilé dans le quartier des Invalides, selon la Direction générale de la police nationale (DGPN), derrière une banderole «Citoyens! désavouée votre police se meurt». Un mannequin représentant un policier était dressé sur une voiture, une cible placée dans le dos, et des manifestants scandaient des slogans comme «Assez, assez de policiers brûlés!». Des manifestations ont également eu lieu en France à Starsbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Marseille. La DGPN a indiqué avoir dénombré 520 manifestants en France.

L’Union nationale des policiers indépendants (UPNI), collectif d’une dizaine d’associations, et la Mobilisation des policiers en colère sont à l’origine de l’appel à manifester. «On ne veut pas être un syndicat. On veut juste relayer ce que vit la base et montrer qu’on ne peut assurer la sécurité de nos concitoyens si on manque de moyens», avancent Thomas et Nathalie, deux «cadres» de l’UPNI. Le collectif revendique 25.000 sympathisants sur les réseaux sociaux et 2000 adhérents. Les membres de l’UPNI rendront public un album photo compilant des clichés de leur matériel professionnel vétuste la semaine prochaine. Interpellé fin août sur le «concours photo» lancé par les protestataires pour composé l’album, Gérard Collomb avait demandé du temps: «En trois mois, je n’ai pas repeint de mes petites mains tous les commissariats de France».

L’UPNI souhaite «faire partie des personnes autour de la table», au même titre que les syndicats. Mais l’administration n’est pas de cet avis. «Ces collectifs et associations ne sont pas représentatifs. Ça ne veut pas dire que je méprise leur message mais le dialogue et la concertation sociale se passent avec les organisations syndicales qui ont été élues avec des taux de participation qui dépassent les 80%», a indiqué Éric Morvan, le nouveau directeur général de la police nationale, à l’AFP. Selon les membres de l’UPNI, «des consignes ont été données pour tuer la mobilisation de ce samedi, en affirmant notamment que le fait de discuter de la police sur les réseaux sociaux nous expose au danger et qu’il est susceptible de constituer une faute disciplinaire». Le mouvement des policiers en colère peine à se faire entendre n’ayant aucun accès aux instances de concertation et de décision.

L’an dernier, des manifestations avaient duré quatre mois. Le mouvement était né à la suite d’une attaque au cocktail Molotov contre des policiers le 8 octobre 2016 à Viry-Châtillon (Essonne). Après une année difficile sous la menace terroriste, les policiers ont organisé via les réseaux sociaux une fronde inédite. Le patron de la police de l’époque, Jean-Marc Falcone, a même été hué par des policiers. Le mouvement dénonçait des conditions de travail déplorables, du matériel obsolète et une légitime défense mal adaptée. Fin octobre 2016, les syndicats, et non les manifestants, ont été reçus à l’Élysée par François Hollande. Une enveloppe de 250 millions d’euros a été débloquée. Une loi assouplissant les règles de la légitime défense, doublant les peines pour outrage et autorisant l’anonymat des enquêteurs, a été adoptée par le Parlement le 16 février.

Pour le moment, le mouvement n’a pas indiqué si les manifestations dureront dans le temps. «La mobilisation de samedi donnera la température», a indiqué l’UPNI.

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