Le procès de trente-et-un employés du quotidien Zaman, fermé pour ses liens avec le prédicateur Fethullah Gülen accusé par Ankara d’être le cerveau du putsch manqué de juillet 2016, s’est ouvert lundi à Istanbul.

Zaman, et sa version anglaise Today’s Zaman, avaient été mis sous tutelle en mars 2016 avant d?être fermés en juillet de la même année dans la foulée du coup d’Etat avorté.

Trente-et-un journalistes et dirigeants du journal sont jugés au cours de ce procès qui s’est ouvert lundi dans une salle d’audience adjacente à la prison de Silivri à la lisière d’Istanbul.

Vingt-deux d’entre eux comparaissent en état d’arrestation et les neuf autres sont en liberté conditionnelle ou en fuite, selon l’agence de presse progouvernementale Anadolu.

Accusés de tentative de renversement du gouvernement et d’appartenance à une organisation terroriste, ils risquent plusieurs peines de prison à vie s’ils sont reconnus coupables à l’issue de leur procès.

Parmi les membres du personnel qui comparaissent en état d’arrestation figurent deux des principaux chroniqueurs du journal, Mumtazer Turkone et Sahin Alpay.

Il s’agit du dernier procès en date impliquant des journalistes en Turquie, le plus médiatisé étant celui qui s’est ouvert fin juillet à l’encontre de 17 employés du quotidien d’opposition Cumhuriyet.

Pour les défenseurs des droits de l’Homme, ces procès traduisent le déclin des libertés en Turquie depuis le putsch manqué, suivi de purges massives qui ont frappé les milieux critiques : élus prokurdes, médias et ONG.

Selon le site internet P24, spécialisé dans la liberté de la presse, quelque 170 journalistes sont détenus en Turquie.

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