La maison d’Yves Gineste, 91 ans, a été cambriolée. Les voleurs ont notamment dérobé une centaine d’insignes et plaques militaires. Ses enfants tentent de récupérer ce butin à forte valeur sentimentale. Leur message sur Facebook a été partagé 41.000 fois.

Les voleurs ont dérobé l’argenterie… et la mémoire d’une vie d’engagement militaire. Yves Gineste, 91 ans, vit en maison de retraite et n’est pas au courant du cambriolage de sa maison de Saint-Sulpice (Tarn) début septembre. «Pour le préserver», explique son petit-fils, Charly, au Figaro. Plaques nominatives, insignes et barrettes d’uniforme… près de cent souvenirs de guerre manquent à l’appel.

La famille a d’abord tenté de retrouver les objets sur des sites spécialisés, dans des brocantes… En vain: pas de trace des galons du grand-père. Ils décident alors de jeter une bouteille à la mer sur Facebook, en proposant au(x) malfaiteur(s) de rendre anonymement les objets par courrier. Le message – rendant hommage à la carrière de cet ancien garçon de ferme devenu maréchal chef des logis puis adjudant – devient rapidement viral. Il est partagé 41.000 fois.

«Ce butin ne vaut pas grand-chose»

«Pour mémoire, l’homme que vous avez dépouillé s’est engagé en 1941 à 20 ans. Il a quitté la France occupée pour rejoindre l’AFN (la résistance en Afrique du Nord). Il a débarqué en Provence sous les ordres du général de Lattre de Tassigny. Il a combattu pour libérer Toulon, Marseille, Belfort et j’en passe. Il était présent en Indochine où il a rencontré notre grand-mère puis a poursuivi sa carrière de tringlot (soldat de l’arme du train, NDLR) en Algérie…».

Un pan de l’histoire de France qui fait échos à beaucoup de familles. Certains connaisseurs laissent des messages et s’engagent à être vigilants. «En lot, ce butin ne vaut pas grand-chose. Très peu de collectionneurs s’y intéressent», pointe Charly, qui travaillait sur le passé militaire de son aïeul. «L’appel a pris une ampleur folle, note-t-il. Tous ces messages réchauffent le cœur. J’espère qu’il y aura une issue positive.» La boite aux lettres de la famille, elle, reste pour l’instant vide.

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