Massoud Barzani, président du Kurdistan irakien, mène avec son référendum un nouveau bras de fer avec Bagdad, pour réaliser le rêve d’un Etat disent ses partisans, pour se maintenir au pouvoir assurent ses détracteurs alors qu’il fait face à une crise politique interne.

Ce Kurde de 71 ans, petit, rond, réservé et toujours vêtu de l’habit traditionnel, se veut le champion de la cause de sa communauté, n’hésitant pas à aller à contre-courant de la classe politique pour défendre ses revendications. Et cette fois-ci, il poursuit également son projet contre l’avis de Bagdad et de Washington mais aussi des deux imposants voisins turc et iranien.

Faute d’avoir trouvé un « partenaire » à Bagdad, « nous avons dû organiser ce référendum », plaide le premier et jusqu’ici unique président kurde, fils du chef historique des Kurdes, Moustapha Barzani, et patron du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) depuis la mort de son père en 1979.

Elu en 2005 lors d’un scrutin indirect, M. Barzani a ensuite été reconduit en 2009 avec près de 70% des voix pour ce premier scrutin au suffrage universel, obtenant un nouveau mandat de quatre ans. A l’expiration de cette période, le Parlement kurde a prolongé sa présidence de deux ans. Puis, face à la percée fulgurante des jihadistes en 2014, M. Barzani s’est maintenu à son poste.

Aujourd’hui, ses détracteurs l’accusent de tenter avec le référendum un coup de poker pour rester au pouvoir. Pour tous les Kurdes, un Etat indépendant à cheval sur l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie est un rêve qui ne peut être remis en cause. Mais pour beaucoup, le calendrier choisi pour le référendum d’indépendance n’est pas le bon.

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