L’image de leur première rencontre fut celle d’une poignée de main ratée dans le Bureau ovale. Les mois suivants ont été tendus.

Entre Donald Trump et Angela Merkel, les années à venir s’annoncent difficiles. Si « Mutti » (maman), comme la surnomment les Allemands, enchaîne sur un quatrième mandat à l’issue des élections législatives de dimanche, ils devront pourtant trouver un mode de fonctionnement dans la durée.

Le parcours, la personnalité, le registre politique: tout – ou presque – sépare la chancelière allemande, 63 ans, au pouvoir depuis 12 ans, et le président américain, 71 ans, à la Maison Blanche depuis huit mois.

Elle, prudente, pragmatique, discrète. Lui, imprévisible, impétueux, hâbleur.

Avec des nuances dans la forme mais la même fermeté sur le fond, la fille de pasteur élevée en Allemagne de l’Est a, depuis le début de l’année, fait entendre sa différence face au troisième président américain à qui elle a affaire (après George W. Bush et Barack Obama).

A Washington, lors d’une conférence de presse commune avec l’ancien promoteur immobilier élu sur le slogan « L’Amérique d’abord », elle a appelé à aborder la mondialisation avec « un esprit ouvert ».

A Taormina, en Sicile, à l’issue d’un G7 houleux où le président américain a fait cavalier seul sur le climat, elle a dénoncé sans détour des discussions frustrantes ayant abouti à un « six contre un ».

A Munich, elle a averti les Européens que l’époque où ils pouvaient compter sur les Etats-Unis sans la moindre hésitation était « quasiment révolue »: « Nous, Européens, devons prendre notre destin en main ».

 

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