Angela Merkel brigue ce dimanche un quatrième mandat consécutif à la tête du gouvernement fédéral. Son bloc conservateur CDU-CSU devrait l’emporter face aux sociaux-démocrates du SPD. Mais cette absence de suspense pourrait profiter au parti d’extrême droite AfD dont les électeurs sont très mobilisés.

L’Allemagne vote depuis 8 heures du matin, entre certitude de réélire Angela Merkelet crainte de voir le parti populiste pousser avec fracas les portes du Bundestag. Ce sont les deux questions des élections qui se déroulent ce dimanche: quelle sera la marge de manœuvre de la chancelière et quel sera le résultat de l’AfD? Les premières estimations seront connues à 18 heures, à la fermeture des bureaux de vote.

Samedi, les deux principaux candidats ont terminé leur campagne dans leurs fiefs respectifs. «Nous courrons le risque, pour la première fois depuis 1945, que les fossoyeurs de la démocratie aient leur mot à dire au Bundestag», a lancé Martin Schulz à Aix-la-Chapelle pour mobiliser ses électeurs contre l’extrême droite. «Beaucoup se joue dans les dernières heures», a prévenu Angela Merkel avant de se rendre dans sa circonscription de Rügen, dont elle est élue depuis 1990. «Chaque voix compte», a déclaré le président fédéral Frank-Walter Steinmeier pour inviter ses concitoyens à voter.

A la mi-journée, la participation semblait en progression: 37,4 % à Hambourg contre 35,4 % à la même heure en 2013, 57,1 % à Munich contre 44,3 %, 29,6 % à Nuremberg contre 26,4 %. Une estimation nationale sera diffusée vers 15h 30. Dans la journée, le quotidien Bild a aussi lancé une mise en garde contre une possible cyber-attaque venue de Russie et destinée à perturber la sérénité du vote: des comptes automatiques se sont multipliés sur internet pour diffuser des messages sur «des manipulations du vote» et d’autres fausses rumeurs.

Une plus forte mobilisation pourrait profiter à l’AfD, qui durant les scrutins régionaux avait démontré une capacité à puiser des voix parmi les abstentionnistes traditionnels. Les derniers sondages ont effectivement laissé envisager une percée des populistes: entre 11 % et 13 %, suivant les instituts. Cette formation née il y a quatre ans pourrait devenir la troisième force politique du pays. Pour la Süddeutsche Zeitung, cette élection pourrait «marquer une césure» dans l’histoire du pays. Sur internet, plusieurs personnalités ont tenté de mobiliser contre la droite radicale: l’acteur Oli Pocher a ainsi diffusé une photo le montrant mettant à la poubelle un tract de l’AfD. A Nuremberg, une association juive a mis en garde contre le vote d’extrême droite. «Voulez-vous vraiment cela?», demande Der Spiegel dans un éditorial sur internet, compilant les déclarations les plus provocantes de l’Alternative für Deutschland.

Les libéraux du FDP, le parti de gauche Die Linke et, dans une plus faible probabilité, les Verts se battent aussi pour la troisième place du podium. Leurs résultats conditionneront les possibilités de coalition pour Angela Merkel.

Créditée de 34 % à 37 % des voix dans les derniers sondages, la CDU/CSU, le parti d’Angela Merkel, semble assurée de l’emporter. Mais la chancelière court le risque d’obtenir un moins bon résultat qu’en 2013, 41,5 %, et de se rapprocher du plus mauvais résultat de son parti: c’était avec elle, en 2009, avec 33,8 %. Le SPD est confronté à la même tendance au recul. Avec 21 % ou 22 % des suffrages, comme l’ont indiqué les dernières enquêtes, les sociaux-démocrates pourraient réaliser un plus mauvais résultat qu’en 2009. Frank-Walter Steinmeier n’avait alors réalisé que 23 %. Derrière l’apparente continuité, incarnée par l’inébranlable Angela Merkel, le paysage politique est au bord de la recomposition.

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