La volonté des indépendantises catalans d’organiser un référendum d’autodétermination bénéficie d’un fort soutien en Ecosse, trois ans après une tentative ratée d’indépendance dans ce territoire britannique, et des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent contre son interdiction par Madrid, jugée antidémocratique.

«Nous soutenons les Catalans», a dit Rory Steel, un responsable de l’organisation de jeunesse du Parti national écossais (SNP), qui s’apprête à s’envoler pour la capitale catalane Barcelone avec une vingtaine d’autres jeunes indépendantistes.
«Nous nous y rendons essentiellement pour en apprendre un peu plus sur eux, échanger nos expériences et notre expertise (…) mais aussi pour les soutenir», a-t-il expliqué à l’AFP.

Une autre délégation, composée d’hommes politiques et d’écrivains notamment, prévoit de mener sur place une mission d’observation alors que Madrid a lancé cette semaine une vaste opération policière et judiciaire en Catalogne. De quoi compliquer l’organisation d’un scrutin que les autorités régionales ont décidé de maintenir au 1er octobre malgré l’opposition du gouvernement central qui l’a déclaré anticonstitutionnel.

La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, avait déjà appelé jeudi au respect du droit à l’autodétermination en Catalogne, tout en espérant un retour au dialogue entre Madrid et Barcelone.

Si Mme Sturgeon a reconnu qu’il était «tout à fait légitime pour l’Espagne de s’opposer à l’indépendance de la Catalogne», elle a estimé néanmoins «préoccupant qu’un Etat, quel qu’il soit, puisse dénier le droit d’un peuple à exprimer démocratiquement sa volonté».

«Le droit à l’autodétermination des peuples est un principe international important et j’espère vraiment qu’il sera respecté en Catalogne et partout ailleurs», a déclaré cette semaine la cheffe du parti indépendantiste SNP devant le Parlement régional écossais.

Le soutien écossais n’émane pas que des nationalistes. Une quinzaine de députés écossais, opposés ou non à l’indépendance de leur territoire, membres du SNP mais aussi du Parti travailliste, du Parti libéral-démocrate ou du Parti vert, ont signé une lettre ouverte au Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, dénonçant les actions de son gouvernement.

«Le gouvernement espagnol affirme agir pour défendre la démocratie mais les menaces d’action en justice contre des centaines de représentants démocratiquement élus et les actes de répression contre un gouvernement élu, des organisations médiatiques et des citoyens ne sont en aucun cas des actes démocratiques», ont-ils mis en garde.

 

Etiquette: