Interpol réunit aujourd’hui son assemblée générale à Pékin, à l’heure où la Chine poursuit une intense campagne de rapatriement d’escrocs et de fraudeurs présumés, parfois accusée de servir ses intérêts politiques.

Quelque 1000 dirigeants policiers et politiques vont discuter pendant quatre jours à huis clos de terrorisme, de crime organisé ou encore de cybercriminalité.

Interpol, qui permet des échanges d’information entre les polices de 190 pays, est un outil crucial pour la Chine, à l’heure où le président Xi Jinping a fait de la lutte contre la corruption des cadres du régime un de ses chevaux de bataille. Dans ce contexte, Pékin a lancé une opération « Chasse aux renards » qui a déjà permis de rapatrier au moins 2500 ressortissants suspectés de crimes économiques, selon les autorités.

Si l’organisation policière basée à Lyon (France) n’émet pas de mandats d’arrêt, elle peut publier, sur demande d’un Etat membre, des « notices rouges », c’est-à-dire des avis de recherche internationaux.

De nombreux pays occidentaux restent cependant prudents, face à une Chine où la justice est soumise au Parti communiste (PCC). « Avec l’augmentation des investissements et du nombre de citoyens chinois à l’étranger, il est inévitable que la Chine adopte une posture plus active au sein de la communauté internationale pour protéger ses intérêts », déclare à l’AFP Stefanie Kam, de l’Université de technologie de Nanyang à Singapour.

« Son engagement dans Interpol est un signal clair qu’elle prend au sérieux les menaces nationales ou transnationales susceptibles de saper ses intérêts », souligne-t-elle.

Mais depuis l’élection fin 2016 du vice-ministre chinois de la Sécurité publique Meng Hongwei comme président de l’organisation internationale policière, les critiques de défenseurs des droits de l’homme s’accumulent.

« L’utilisation d’Interpol comme instrument de la puissance de la Chine ne peut être entièrement écartée », estime Benjamin Ho, spécialiste de la Chine et des questions de sécurité à l’école S. Rajaratnam d’études internationales à Singapour.

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