À Raqqa, dans le nord de la Syrie, Bachar Hammoud est incrédule au milieu des ruines. Il peut à peine reconnaître sa ville complètement défigurée par plusieurs mois de combats contre les jihadistes du groupe État islamique.

Membre du bureau de presse des Forces démocratiques syriennes (FDS), cet homme de 26 ans au visage émacié avait l’air abasourdi, lundi, en entrant pour la première fois depuis plusieurs années dans le quartier détruit de Rmeila. « Je venais dans ce secteur tout le temps car mes oncles y vivaient et mon université était ici, raconte-t-il. Je ne sais même pas où nous sommes. Si je sors du véhicule maintenant, je ne saurai plus comment revenir. Tout a disparu. Je sais que nous sommes à Rmeila, mais où à Rmeila ? Aucune idée ! »

Cent ans en arrière
Dix mois après le lancement de l’offensive pour chasser l’EI de Raqqa, sa « capitale » de facto en Syrie, les FDS contrôlent désormais 90 % de la ville.

Les combattants des FDS originaires de Raqqa sont choqués de voir que les habitants, ayant vécu sous le joug des jihadistes, désignent aujourd’hui les quartiers par des noms différents. Celui du secteur al-Houkouma (gouvernement en arabe) est devenu al-Hikma (sagesse). La mosquée al-Bassel, du nom du frère aîné du président Bachar el-Assad, a changé en al-Nour. Et, des plus connus, le rond-point al-Naïm, où l’EI procédait aux décapitations et crucifixions, est appelé maintenant al-Jahim, ou le rond-point de l’enfer.

À l’entrée est de la ville, Bachar Hammoud pointe du doigt deux larges drapeaux : l’un des FDS et l’autre des YPG – les Unités de protection du peuple kurde. « Il y avait auparavant un grand drapeau noir avec la phrase que tout le monde connaît,  »L’État islamique en Irak et en Syrie ». Maintenant, regardez le drapeau des FDS. Les couleurs reviennent à Raqqa », dit-il. Néanmoins, il reste « choqué ». Le quartier autrefois animé de Rmeila est mort. « Les magasins sont vides. C’est comme si on était revenu 100 ans en arrière », juge-t-il.

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