Dans un livre thérapie, la candidate démocrate revient sur sa défaite face à Donald Trump. Elle reçoit Match. Un entretien exceptionnel dont voici les premiers extraits.

Paris Match. Ce livre, c’est une thérapie ? 
Hillary Clinton. Une catharsis, en tout cas. Mais il fut très douloureux à écrire. C’est un récit très personnel de la façon dont j’ai vécu les événements. Je n’aurais pas pu vous en parler il y a encore six mois. J’arrive à le faire aujourd’hui et j’en suis heureuse, car je crois que ça peut être utile à tout le monde. On subit tous des revers, des déceptions. S’en relever est possible. La souffrance n’envahit plus mes journées, on appelle cela la résilience. J’ai la peau dure et je suis en bonne santé, heureusement. En revanche, je ressens beaucoup de douleur pour mon pays.

Comment vous en êtes-vous sortie ?
Avec beaucoup de balades dans les forêts et du yoga… La respiration nasale alternée, ça marche. Le verre de chardonnay, aussi ! J’ai la chance d’avoir une famille très proche, des petits-enfants que j’adore, et des amis fidèles…

Quelle fut votre plus grosse erreur pendant la campagne ?
Je n’ai pas pensé que Trump arriverait à l’emporter face à ses seize opposants républicains, en les insultant et en les attaquant comme il l’a fait. Il s’est comporté comme dans une émission de télé-réalité, et il est ainsi devenu extrêmement puissant et dangereux. J’ai vraiment sous-estimé cela. C’était une erreur. Je n’ai pas vu que nous vivions dans une ère nouvelle.

Trump vous a attaquée sur le fait que vous faisiez campagne au ralenti, comme si vous étiez sûre de gagner…
Trump m’a accusée de tout et de n’importe quoi. Il a même dit que j’étais mourante ! Mais comparez nos agendas de campagne : j’ai travaillé beaucoup plus que lui ! Sauf que ses meetings étaient retransmis en direct à la télé, ce qui a eu un impact énorme. Moi, j’ai fait beaucoup plus d’événements. Pour moi, faire campagne, c’était sérieux. Ce n’était pas comme participer à un show pour la télévision.

Vous vous dites victime de la propagande russe et de la diffusion par WikiLeaks de vos e-mails confidentiels de campagne. Mais en France aussi Emmanuel Macron a été visé, ça ne l’a pas empêché de gagner…
La différence, c’est que les Américains ignoraient ce qui se passait : le directeur du FBI s’est abstenu de leur révéler qu’une enquête était en train de viser les Russes. Ce que je déplore profondément car, pendant ce temps, les investigations sur mes e-mails étaient rendues publiques ! Cela a fini par me coûter l’élection, même si ces investigations n’ont abouti à rien. Les Français, eux, ont bénéficié du précédent américain. Et Emmanuel Macron a été malin. Son équipe de campagne a truffé ses e-mails internes de pièges qui ont permis de dégonfler le scandale. A cela s’ajoute que, chez vous, une loi restrictive met un terme à la campagne quarante-huit heures avant le scrutin. Ce qui complique la tâche des Russes et de leurs alliés.

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