Le Premier ministre sera confronté ce jeudi au leader de La France insoumise dans L’Emission Politique. Edouard Philippe jouera gros lors de ce débat.

L’énarque contre le tribun. Le modéré contre l’impétueux. Le Premier ministre contre le premier opposant. A première vue, tout sépare Edouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon. Invité principal de L’Emission Politique, le chef du gouvernement aura ce jeudi comme contradicteur le leader de La France insoumise. Un duel très attendu au lendemain de la présentation du budget 2018 et en plein mouvement de contestation contre la réforme du travail.

L’ancien lieutenant d’Alain Juppé joue gros lors de cette joute. Débattre face à Jean-Luc Mélenchon, bretteur expérimenté, est un exercice à double tranchant. Ce duel est l’occasion pour le Premier ministre de s’affirmer dans l’opinion après une rentrée médiatique ratée sur BFMTV le 24 août. Il s’était notamment emmêlé les pinceaux sur la baisse de la taxe d’habitation. Mais cette confrontation est aussi un risque, si l’échange tournait à l’avantage du député des Bouches-du-Rhône.

« Il s’adaptera au ton de son adversaire »

Lors de la campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon avait été jugé le plus convaincant lors des débats télévisés. Sa répartie et ses qualités oratoires avaient fait mouche lors d’échanges parfois techniques. Edouard Philippe en est conscient. Selon RTL, l’ancien maire du Havre n’était pas emballé à l’idée d’affronter Jean-Luc Mélenchon, mais n’a pas refusé la proposition de France 2 par crainte qu’un refus ne sorte dans la presse.

Edouard Philippe se prépare donc minutieusement à cette joute oratoire. Comme pour le reste de l’émission, le Premier ministre étudie des « fiches » dans le cadre, contraint, d’un « agenda de Premier ministre », indique Matignon à L’Express. Ce jeudi matin, il devait même débuter sa journée par une petite séance de boxe, son sport de prédilection, histoire de s’échauffer avant un duel à haut risque.

Si le Premier ministre ne veut pas être pris en défaut sur un dossier, reste à régler la question du ton. Faut-il être agressif face à un opposant qui fustige « le coup d’état social » du gouvernement? Oui alors jouer la carte de la modération pour bénéficier d’un éventuel effet de contraste? « Il s’adaptera au ton de son adversaire », affirme à RTL un proche du Premier ministre.

Philippe a rédigé un portrait de Mélenchon

Selon Le Parisien, l’Elysée a même conseillé à Edouard Philippe de flatter son contradicteur en début de débat. « Les débats qui démarrent par la reconnaissance de ses qualités intellectuelles et littéraires se passent toujours bien », glisse un proche d’Emmanuel Macron au quotidien.

Si les deux hommes sont aux antipodes, ils ne sont pas des étrangers l’un pour l’autre. En 2015, le chef du gouvernement avait signé un portrait de Jean-Luc Mélenchon dans la revue Charles. Il confessait une certaine admiration pour le personnage, un « républicain total », un « patriote » et un « homme capable d’une vision et d’un dessein » doté de « l’élégance du hérissé », fut-il un adversaire politique. Mais ce respect va de pair avec de critiques plus dures. Edouard Philippe est sans complaisance envers sa colère et son populisme », affirme un de ses proches à l’AFP.

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