Le tribunal canadien a reconnu coupable d’avoir tenté de rejoindre le groupe extrémiste Etat islamique (EI) en Syrie et a condamné vendredi à neuf ans de prison Ismaël Habib, 29 ans.

Il était devenu en juin le premier adulte au Canada déclaré coupable à l’issue d’un procès pour un chef d’inculpation prévu par la loi antiterroriste votée sous le précédent gouvernement conservateur.

« Son adhésion à l’idéologie de l’EI est totale », a noté le juge Serge Delisle avant de prononcer la sentence. « Il était prêt à tout faire pour l’Etat Islamique, même mourir ».

Le juge lui a imposé une peine de huit ans pour avoir cherché à quitter le Canada pour « participer à une activité d’un groupe terroriste », et un an de plus pour avoir fait une fausse déclaration en vue d’obtenir un passeport.

Compte tenu du temps qu’il a passé en détention préventive depuis son arrestation en mars 2016, Habib devra encore rester six ans et demi derrière les barreaux.

« C’est une peine relativement sévère », a reconnu l’avocat de la poursuite (l’équivalent du procureur), François Blanchette, mais Ismaël Habib, né d’un père afghan et d’une mère québécoise, « adhérait de manière très très intense à l’idéologie du groupe ».

« C’est donc un message de dissuasion qui a été envoyé par la Cour ».

La défense avait réclamé une peine de six ans et demi, invoquant « une motivation personnelle » de sa part pour aller en Syrie, celle « d’aller rejoindre sa femme et ses enfants ».

Le juge a rejeté cette thèse, notant que Habib avait visité des sites de rencontre et vivait avec une autre femme au Canada au moment de son arrestation.

Ismaël Habib était sans passeport, qui lui avait été retiré en 2012 après avoir été intercepté en Turquie et expulsé au Canada.

Il a ensuite tenté de se procurer un faux passeport mais a été confondu par un agent infiltré de la police fédérale.

La loi antiterroriste canadienne adoptée par le précédent gouvernement conservateur permet de porter des accusations contre toute personne soupçonnée d' »une participation à une activité d’un groupe terroriste », selon le code pénal.

Cela vise également les cas où un individu « quitte ou tente de quitter le Canada ».

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