Le sénateur républicain du Tennessee Bob Corker a estimé dimanche que le président américain «devrait inquiéter tout ceux qui aiment» les Etats-Unis.

Les menaces inconséquentes de Donald Trump contre certains pays pourraient placer les Etats-Unis «sur le chemin de la troisième Guerre mondiale», a déclaré dimanche le sénateur républicain du Tennessee, Bob Corker. Interviewé par le New York Times , ce poids lourd de la majorité républicaine au Sénat revenait sur la passe d’arme particulièrement vive qui l’a opposé au président américian. «Il m’inquiète», a-t-il déclaré au journal américain. «Il devrait inquiéter tous ceux qui aiment notre pays», a-t-il ajouté.

Le sénateur de 65 ans, qui a renoncé fin septembre à briguer un troisième mandat, a fait ces déclarations à la suite d’une salve de tweets matinaux dont Donald Trump est désormais coutumier.

 «Le sénateur Bob Corker m’a «supplié» de le soutenir pour sa réélection dans le Tennessee. J’ai dit «NON» et il a abandonné (disant qu’il ne pourrait gagner sans mon soutien)», a écrit Donald Trump.

«Il a aussi voulu être secrétaire d’Etat, j’ai dit ‘NON MERCI’», a poursuivi le milliardaire républicain. Le nom du sénateur avait été évoqué pour être le colistier de Donald Trump, puis pour être secrétaire d’Etat. En juillet 2016, il avait expliqué avoir décliné le poste de futur vice-président lors d’une discussion à New York avec le milliardaire. «Notre lien s’est renforcé et une amitié est née, c’était un jour remarquable», avait-il alors assuré.

«Par conséquent, je m’attends totalement à ce que Corker soit une voix négative et qu’il se mette en travers de notre programme. Il n’avait pas les tripes pour être candidat!», conclut-il.

Cette crise ouverte avec Bob Corker pourrait coûter cher au président américain. Donald Trump ne dispose que d’une majorité de deux sièges au Sénat pour faire passer sa réforme fiscale. Il se retrouve dans la même situation que lors de sa tentative avortée de réformer l’Obama care.

Bob Corker pourrait aussi jouer un rôle crucial dans les accords nucléaires iraniens, que Donald Trump envisage de ne pas confirmer au Congrès. Les Républicains pourraient envisager de maintenir la levée des sanctions, tout en les brandissant comme une menace pour forcer l’Iran à revenir à ta table des négociations, explique le New York Times. Mais cette approche pourrait isoler les Etats-Unis, et ce sera le rôle de Corker de trouver l’équilibre entre les opposants à l’accord et les souhaits de ceux, y compris chez les proches de Donald Trump, qui veulent le modifier sans pour autant le faire exploser.

Sa position au sein du comité des Affaires étrangères lui donne également la responsabilité de confirmer les nominations des ambassadeurs par Donald Trump. Si le président renvoie son chef de la diplomatie Rex Tillerson, après leur passe d’arme de la semaine dernière, le sénateur du Tennessee serait celui qui mènerait les auditions de son successeur choisi par Trump. Or, Corker a clairement apporté son soutien à Tillerson: Quelques jours plus tôt, il avait estimé que si les Etats-Unis ne sombraient pas dans le chaos, c’était grâce au secrétaire d’Etat Rex Tillerson, au ministre de la Défense Jim Mattis et au secrétaire général de la Maison Blanche John Kelly.

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