Anis Hanachi, le frère d’Ahmed qui a tué deux femmes le 1er octobre devant la gare Saint-Charles, a été arrêté samedi en Italie. Il devrait être extradé rapidement.

Anis Hanachi, le frère d’Ahmed Hanachi, le terroriste qui a poignardé deux jeunes femmes dimanche 1er octobre à la gare Saint-Charles à Marseille, a «fait le djihad en territoire syro-irakien, avec une expérience de caractère militaire», selon Lamberto Giannini, chef de l’antiterrorisme italien. Arrêté samedi soir en Italie, il est aussi suspecté d’avoir «endoctriné son frère Ahmed et provoqué sa radicalisation».

Sans passeport ni domicile fixe, ce Tunisien de 25 ans a été appréhendé à Ferrare (Émilie-Romagne) sur signalisation des services français, en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par la France. Il circulait de nuit à vélo dans le centre-ville et a tenté de donner un faux nom en assurant qu’il était algérien. Mais l’analyse de ses empreintes digitales, enregistrées lors de son arrivée sur l’île de Favignana, au large de la Sicile en 2014 sur une embarcation de migrants, a confirmé qu’il était bien le jeune homme recherché. Les enquêteurs français le soupçonnent de complicité dans l’assassinat des deux jeunes femmes à Marseille. Il devrait être extradé «très rapidement» vers la France.

Un autre frère qualifié d’extrêmement dangereux

Lors de son arrivée en Italie en 2014, il avait été arrêté une première fois et renvoyé dans son pays. Selon l’antiterrorisme français, il serait alors parti en Syrie où il se serait entraîné pendant deux ans, de 2014 à 2016, dans les rangs de Daech. Un autre frère, Anouar, ayant longtemps résidé en France, aurait aussi séjourné en Italie avant que l’on perde sa trace. Selon les services de renseignements tunisiens, ce serait le plus dangereux de la famille, qui compterait un quatrième frère et une sœur, elle aussi radicalisée. Comme quelque 800 combattants tunisiens de Daech, Anis serait rentré de Syrie en Tunisie avant de passer en Italie, à l’aide de faux papiers.

L’enquête se poursuit sur son frère Ahmed, le terroriste de Marseille qu’il aurait endoctriné cet été. Ahmed, qui vivait alors en France, était revenu en Italie pour faire renouveler le permis de séjour échu après son divorce d’une Italienne, Ramona, avec qui il avait vécu six ans. De Bizerte où elle vit avec un nouveau conjoint, Ramona a affirmé à la police tunisienne qu’Ahmed n’avait jamais milité pour la cause islamique et «ne s’intéressait qu’à l’alcool et aux drogues». Témoignage corroboré par ses parents qui vivent toujours à Aprilia, un gros bourg à une soixantaine de kilomètres au sud de Rome, où Ahmed a séjourné jusqu’à sa séparation.

La même route que celle des migrants

Pour le procureur Franco Roberti, nombreux seraient les signalements de passage par l’Italie de «sujets proches de Daech», mais «il n’existe aucune matrice commune ni aucun comportement de nature à faire penser qu’ils utilisent l’Italie comme base arrière pour préparer des attentats». Ces sujets radicalisés utilisent les mêmes routes maritimes que les migrants dont 2700 sont arrivés cette année de Tunisie – trois fois plus qu’en 2016 – et 1463 d’Algérie, une nouvelle route.

L’Italie vient de renvoyer dans son pays un Algérien de 36 ans, Hadjadj Bechir, signalé comme extrêmement dangereux par la police belge et déjà inculpé pour terrorisme. Il avait été arrêté près de la gare Termini à Rome après avoir débarqué d’un ferry-boat en provenance de Sardaigne où il était arrivé le 22 septembre avec des migrants, à bord d’une barque de pêche partie d’Algérie.

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