Mardi 10 octobre, le parlement catalan votera sa séparation de l’Espagne. Luc Salellas, membre du secrétariat national du parti Candidature d’unité populaire (CUP), député du conseil municipal de Gérone, évoque l’éventuel envoi de troupes par Madrid et explique si les Catalans sont prêts à faire des concessions.

– Quelles sont les chances que le parlement catalan proclame l’indépendance de la région? Quelles seront les prochaines étapes?

– Les chances que le parlement vote pour une république indépendante sont élevées. Le fait est qu’un référendum a eu lieu et que la majorité a voté pour cette solution. Bien que la police espagnole ait tenté de faire échouer le vote par la force, nous sommes convaincus d’avoir parfaitement le droit de proclamer notre indépendance.

Nous verrons quelle sera la suite. Logiquement, après la proclamation de son indépendance, la Catalogne devrait fonctionner comme un État à part et initier des négociations internationales à ce sujet. Dans l’ensemble, il faudra mettre en œuvre la législation de transition approuvée par le parlement catalan début septembre.

– Craignez-vous que les autorités fédérales utilisent la force si la Catalogne proclamait son indépendance? Êtes-vous prêts pour ce scénario?

— Avant tout, je ne qualifierais pas les autorités espagnoles de fédérales. Au cours des dernières semaines il est devenu évident que le gouvernement n’agissait pas en tant que pouvoir fédéral défendant les droits de ses citoyens, mais travaillait comme un régime autoritaire sans tenir compte des décisions du parlement régional. En cas de scénario de force, je pense que les Catalans descendront simplement dans la rue pour défendre leur parlement par des moyens pacifiques et convaincants.

– Admettez-vous des affrontements armés après l’annonce de la souveraineté catalane ?

– Non, nous nous attendons à ce que la police utilise les mêmes méthodes de répression que la semaine dernière pendant le référendum. Il y aura probablement de nouveaux passages à tabac par la police.

– Plusieurs experts pensent que le problème catalan pourrait être réglé par des mesures économiques. Si Madrid vous proposait le scénario basque – une indépendance fiscale totale – la Catalogne serait-elle prête à rester au sein de l’Espagne ?

– Je dirais qu’une telle solution aurait été possible il y a 3-4 ans. Bien sûr, les questions économiques ont toujours été sur la table des négociations. Mais l’agenda économique n’est plus déterminant.

Même si les autorités espagnoles nous proposaient, disons, 10 milliards d’euros de plus, cela ne changerait pas foncièrement la situation.

En outre, Madrid n’a jamais fait allusion à l’attribution d’un plus grand budget pour nous. Il cherche par tous les moyens à maintenir le modèle existant d’interaction avec la Catalogne.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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