Parti communiste, Parti socialiste, France insoumise, Mouvement du 1er juillet sont sortis dans la rue, le 10 octobre, aux côtés des fonctionnaires qui protestaient contre la politique du gouvernement. Mais en ordre dispersé.

Certains veulent y voir une étape capitale dans l’opposition au gouvernement. C’est à un appel commun à toutes les centrales syndicales qu’ont défilé, ce mercredi, les fonctionnaires. Une première depuis dix ans, qui n’a pas manqué d’inspirer quelques instants l’opposition de gauche à Emmanuel Macron. France insoumise, Parti communiste, Mouvement du 1er juillet, et même – furtivement – le Parti socialiste étaient dans la rue. Chacun sur leur trottoir, ils ont préféré ne pas traverser la chaussée pour se saluer.

Ambiguë sur son soutien aux dernières manifestations contre les ordonnances à l’appel de la CGT, le PS avait, cette fois-ci, clairement relayé l’appel à se mobiliser. Chez les élus de la rue de Solférino pourtant, le message a semble-t-il eu du mal à circuler: «On était trois pelés, deux tondus, maugrée un cacique du parti. On a vite levé le camp.» Parmi eux, Gérard Filoche, Christian Paul, Marie-Noëlle Lienemann ou encore le député européen Emmanuel Maurel. «Les manifestants étaient plus étonnés qu’agressifs de nous voir ici, s’amuse ce dernier. On s’est quand même fait accrocher sur la loi El Khomri.» Un comble pour ces anciens «frondeurs», qui s’étaient vertement opposé à la précédente réforme du Travail.

Côté France insoumise, élus et militants étaient au rendez-vous. Seul Jean-Luc Mélenchon manquait à l’appel, en raison d’un déplacement à Grenoble. «Y a pas à dire, l’unité syndicale ça fait un bien fou», s’est réjoui le député Insoumis, Eric Coquerel. Accroché au point de ralliement de la France insoumise, à mi-chemin entre la Bastille et la place de la République à Paris, le député du Nord, Adrien Quatennens, a voulu voir, dans ces manifestants, «un élargissement de la contestation, un mécontentement global qui dépasse les seuls fonctionnaires».

Pas de trace cependant de cette «jeunesse en éveil, celle qui a souvent joué le rôle de l’allumette faisant partir le brasier», que les Insoumis tentent depuis plusieurs jours de faire descendre dans la rue. «C’est normal. On sème des graines. Ils vont se mobiliser après la rentrée d’octobre», veut croire Eric Coquerel.

«La personnalité de Mélenchon n’y aide pas franchement»

Quelques mètres plus loin, le Parti communiste tenait, lui aussi, son bout de trottoir, bombant le torse devant les quelques applaudissements de militants CGT. «Cette union syndicale est un signal fort envoyé au pouvoir, s’est félicité Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Il faut une convergence similaire à gauche. Mais dans le respect des différences de chacun.» A ses côtés, le conseiller de Paris, Hervé Bégué, précise: «Il faut trouver des bases communes entre les gauches pour redevenir audible. Mais la personnalité de Mélenchon n’y aide pas franchement.»

A mi-chemin du cortège, place de la Bastille, le plus jeune mouvement d’opposition est également présent: le Mouvement du 1er juillet. Agitant quelques banderoles, la quinzaine de fidèles de Benoît Hamon discutent de la fragmentation à gauche, se consolant difficilement de l’absence de leur chef de file: «On milite pour l’union de la gauche. C’est un des objectifs de notre mouvement, assure Laurent Touzet, adjoint au maire du 12e arrondissement de Paris. Mais la tâche n’est pas facile entre un PS qui n’est plus capable de parler aux Français et Mélenchon, avec qui il y a des convergences de fond mais une opposition claire sur la forme.» Emmanuel Macron ou non, la désunion fait encore religion.

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