Le président philippin Rodrigo Duterte a menacé aujourd’hui d’expulser des ambassadeurs européens sous prétexte que leurs gouvernements comploteraient pour faire exclure Manille des Nations unies.

 

Au cours d’un discours virulent, le président a dit qu’il ne tolèrerait pas que les Européens critiquent sa politique de lutte contre la drogue, qui a abouti à ce que la police tue au moins 3850 personnes depuis son arrivée au pouvoir en 2016.

M. Duterte a accusé les pays de l’Union européenne d’interférer avec la politique intérieure des Philippines et de vouloir mettre son pays au ban des Nations unies. « Vous nous dites : ‘vous serez exclus des Nations unies’. Fils de putes, allez-y », a-t-il déclaré à des journalistes, en estimant que les pays européens profitaient du fait que son pays était pauvre. « Vous nous donnez de l’argent, puis vous commencez à nous dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire dans notre pays. (…) Nous ne sommes plus au temps des colonies ».

Le dirigeant philippin a ensuite mis en garde les ambassadeurs européens : « nous pouvons rompre le canal diplomatique demain » et « vous quittez mon pays en 24 heures, tous ». L’Union européenne n’a jamais fait de commentaire sur une éventuelle mise à l’écart des Philippines des Nations unies. Mais dans une résolution, l’an dernier, le Parlement européen a fait part de son inquiétude face « au nombre extraordinairement élevé de personnes tuées dans des opérations policières » dans le cadre de la lutte contre la drogue. La résolution appelait Rodrigo Duterte à « mettre fin à la vague d’exécutions extrajudiciaires et de meurtres ».

Dans un communiqué publié aujourd’hui, la délégation de l’UE aux Philippines a au contraire mis en avant sa coopération avec les autorités philippines. « L’UE et les Philippines travaillent ensemble de manière constructive et productive (…) dans de nombreux domaines, notamment, bien sûr, dans le contexte des Nations unies », a-t-elle souligné.