La Turquie n’est pas sincère quand elle dit vouloir participer à la mise en place d’une zone de désescalade à Idlib. Selon l’expert syrien Heytham Hassoun, Ankara veut obliger le Front al-Nosra à rallier les groupes soutenus par la Turquie. 

Tout ce qu’elle cherche, c’est d’intervenir militairement à Idlib, à en occuper davantage de localités, estime le stratégiste syrien, Heytham Hassoun, interviewé par l’agence de presse Tasnim.

Mais va-t-elle réussir ?

Selon l’expert, il est quasiment impossible de pouvoir faire confiance à Ankara qui « ne cherche à Idlib qu’à restructurer al-Nosra et à lui enlever en apparence son caractère terroriste ».

L’expert syrien relève qu’Idlib « est occupé par les terroristes liés à Ankara » et que « ce dernier n’a pour seul souci que de pousser les cadres d’al-Nosra à rallier les groupes terroristes qui se revendiquent d’Ankara ».

Mais quelles sont les chances de cette nouvelle tentative turque ?

Selon l’expert, « cette tentative d’Ankara est condamnée d’avance puisque la coalition Iran-Russie-Irak est bien déterminée à contrer toute démarche expansionniste de la Turquie dans le Nord syrien ». Hassoun a évoqué aussi l’attitude de la Turquie au Kurdistan d’Irak, attitude qui est loin d’être « transparente » : « La Turquie surfe sur la vague qu’ont créée les tensions entre Erbil et Bagdad. Il va sans dire qu’Erdogan a reçu des garanties de la part de son partenaire et allié Barzani, car la Turquie a tout intérêt à ce que l’épine kurde reste dans le pied de ses voisins irakien, iranien et syrien. »

Pour le stratège syrien, la Turquie et l’Arabie saoudite se sont rendues à l’évidence : « La partie est perdue en Syrie et il faut tenter de limiter la casse. »

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