Pour le politologue bulgare, cette crise marque un tournant dans la dynamique du projet européen. Elle sera au cœur du Conseil européen qui s’ouvre ce jeudi.

Intellectuel très influent en Europe de l’Est et dans les pays anglo-saxons, le politologue bulgare Ivan Krastev dirige le Center for Liberal Strategies à Sofia. Il est membre de l’Institut des sciences humaines de Vienne en Autriche, où il réside. Il vient de publier en français un essai remarquable, Le Destin de l’Europe (Éditions Premier Parallèle, octobre 2017).

Il y a cinq ans, personne n’aurait posé cette question, tant l’Union européenne paraissait une chose naturelle, un acquis allant de soi. Nul ne sait quelles seront les conséquences du Brexit et du référendum de Catalogne, mais, d’ores et déjà, on ne peut plus parler de l’Europe de la même manière qu’avant. Le retour des États nations ne constitue pourtant pas une alternative. Combien d’entre eux, en effet, survivraient à une désintégration de l’Europe? Je pense au contraire que le projet européen peut survivre et gagner en légitimité.

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