Vitrine culturelle de la Russie, Saint-Pétersbourg enchante chaque année des millions de touristes.

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Fondée par Pierre le Grand, la ville est rebaptisée Petrograd pendant la Grande Guerre, puis Leningrad à la mort de Lénine, qui y mena la révolution de 1917. Redevenue Saint-Pétersbourg à la chute de l’URSS, la ville, dont l’identité a été façonnée par ces époques, reste particulièrement marquée par le siège des nazis. Aujourd’hui, presque chaque famille compte des survivants ou leurs descendants.

Le 22 juin 1941, en pleine Seconde Guerre mondiale, Hitler lance l’opération Barbarossa pour attaquer l’URSS. Très vite, l’étau se resserre autour de Leningrad. À partir du 8 septembre 1941, la ville est totalement assiégée, coupée du reste du pays. La Wehrmacht bombarde sans relâche, notamment les stocks d’approvisionnement. Plus tard, les historiens ont établi qu’il y avait en réalité à peine assez de vivres pour tenir un mois.

Une terrible famine s’installe. Des tickets de rationnement sont mis en place : les habitants reçoivent 125 à 250 grammes de pain quotidien. L’hiver 1941-42 est le plus meurtrier. À la famine s’ajoutent des températures extrêmes et des épidémies. Les survivants n’ont plus la force d’enterrer les corps… Tous les animaux sont mangés et les cas de cannibalisme se multiplient.

Progressivement, des voies d’évacuation et de ravitaillement sont mises en place vers l’Est, par le Lac Ladoga. Baptisée « route de la vie », cette voie devient aussi celle de la mort : bombardée en permanence, on y évacue des habitants à moitié conscients. Au plus fort de la famine, la majorité des personnes évacuées décède en route.

 Résister

Pourtant, malgré ces conditions extrêmes, la ville continue de vivre, coûte que coûte. Ses habitants s’unissent pour résister. Les théâtres restent ouverts, des événements culturels sont maintenus. C’est durant le siège que le compositeur Dmitri Chostakovitch, évacué en octobre 1941, écrit sa 7e Symphonie à la gloire de sa ville. Le 9 août 1942, l’orchestre de la radio de Leningrad interprète son œuvre et le concert est retransmis par des haut-parleurs. Symbole de la résistance de Leningrad et de ses habitants, la légende dit que la musique est entendue par les troupes ennemies. Pendant le concert, aucun obus ne tombe sur la ville assiégée.

Les historiens estiment qu’un million, peut-être bien plus, de civils ont péri durant le siège de Leningrad. Le courage de ses habitants, dits les « Blokadnikis » (les assiégés), ainsi que les exploits de ceux qui ont combattu au front, font encore aujourd’hui la fierté des Russes. La ville de Saint-Pétersbourg vit encore au rythme de cette mémoire et des cérémonies d’hommage, et ses habitants portent toujours l’héritage et les stigmates de cette terrible époque.

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