La famille d’un enseignant français, battu à mort en 2013 dans un commissariat au Caire, réclame à la justice française de faire mener l’enquête sur place, deux ans et demi après une demande restée lettre morte, a-t-elle annoncé à l’AFP.

« La dernière demande de commission rogatoire internationale date de mars 2015, et rien n’a bougé, on n’a pas eu de suite », déplore Karine Lang.

Son frère, Éric Lang, qui résidait depuis une vingtaine d’années en Egypte, est décédé le 13 septembre 2013 à l’âge de 49 ans au commissariat de Qasr el-Nil. Il y était détenu depuis une semaine, malgré une décision de remise en liberté de la justice égyptienne, prise au lendemain de son arrestation.

La thèse, avancée par la police, d’une procédure d’expulsion en cours qui aurait justifié ce maintien en détention, n’a pas été démontrée, selon une source proche du dossier.

Six co-détenus d?Éric Lang ont été condamnés en 2016 en Egypte à sept ans de prison pour « coups ayant entraîné la mort », mais la responsabilité des forces de l’ordre n’a pas été examinée. Pourtant, un policier aurait encouragé les détenus à frapper Éric Lang, qui aurait ensuite été déplacé, agonisant, dans une autre cellule, selon des éléments de la procédure égyptienne dont l’AFP a eu connaissance.

L’enquête, ouverte en France peu après les faits, avait ainsi été élargie en 2014 aux faits de « non-assistance à personne en danger » et « atteinte arbitraire à la liberté par une personne exerçant une fonction publique ».

En mars 2015, la famille avait demandé à la juge d’instruction nantaise d’ordonner une commission rogatoire internationale pour permettre notamment l’audition sur place des policiers et des co-détenus. Demande restée sans réponse et réitérée début octobre par leur avocat parisien.

La famille réclame également à nouveau la transmission par le Quai d’Orsay des communications de l’ambassade de France au Caire à l’époque. Seule une sélection de pièces est parvenue à la juge en mai dernier, selon la source proche du dossier.

« Il faut se bouger, il faut aller enquêter sur place, poser les questions aux bonnes personnes, et en premier lieu à la personne qui a décidé de réenfermer Éric alors qu’il était libre », exhorte Karine Lang, partie civile avec sa mère.

Elle espère que le président de la République Emmanuel Macron, qui reçoit jusqu’à mercredi son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, « va faire comme François Hollande et parler d?Éric plutôt que de négocier des Rafale ».

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