Deux femmes prix Nobel de la paix, l’Iranienne Shirin Ebadi et la Yéménite Tawakkol Karman, ont réclamé mardi justice pour la militante écologiste Berta Caceres, dont l’assassinat en 2016 avait suscité l’indignation internationale.

« Il faut approfondir les recherches pour découvrir tous les bénéficiaires de ce crime et qu’on ne limite pas les procès aux seuls auteurs directs » du meurtre, a déclaré Tawakkol Karman, lauréate en 2011, lors d’une conférence de presse conjointe des deux femmes, en visite dans le pays depuis vendredi.

« Quand un délit est commis, l’important (…) est de trouver les auteurs intellectuels », a renchéri Shirin Ebadi, récompensée en 2003. « Le plus important est de constater qu’il y a de l’argent derrière les tueurs » qui ont assassiné Berta Caceres.

La militante écologiste hondurienne, dirigeante du Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (Copinh), avait été tuée par balles par au moins deux hommes le 3 mars 2016 dans sa maison de La Esperanza (ouest), à environ 200 km de Tegucigalpa.

La Commission internationale des droits de l’Homme (CIDH) avait réclamé dès 2009 des mesures de protection pour la leader indigène menacée, qui s’était fait connaître pour sa défense du fleuve Gualcarque (nord-ouest du Honduras), où l’entreprise DESA prévoit de construire un barrage hydroélectrique menaçant de priver d’eau des centaines d’habitants de la région en territoire indigène lenca.

Huit suspects, dont des ex-employés de DESA, ont été arrêtés pour l’assassinat de Mme Caceres, qui avait par le passé dénoncé l’entreprise pour menaces de mort.

Tawakkol Karman, récompensée pour sa défense des droits des femmes, a plaidé également pour la création d’un tribunal international capable de poursuivre les dirigeants de multinationales causant des dégâts à l’environnement.

« Il faut créer un tribunal mondial qui puisse sanctionner toutes ces sociétés multinationales » responsables selon elle du changement climatique, a-t-elle lancé, suggérant la création d’un organisme similaire au Tribunal pénal international (TPI) de La Haye.

Tawakkol Karman et Shirin Ebadi se rendent mardi au Guatemala pour y rejoindre deux autres prix Nobel, Jody Williams (Etats-Unis, 1999) et Rigoberta Menchu (Guatemala, 1992) afin de soutenir les militants des droits de l’homme et de l’environnement dans ce pays.

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