La reine Rania de Jordanie a condamné la communauté internationale lors de sa visite d’un camp de réfugiés Rohingyas birmans au Bengladesh.

Elle s’est préparée d’aller faire face à des situations désespérées. Pourtant, la reine Rania, épouse du roi Abdallah II de Jordanie, a confié ne pas s’être attendue à entendre de telles choses. 

Le 23 octobre 2017 elle a visité le camp de réfugiés de Kutupalong, situé dans la région de Cox’s Bazar (au Bangladesh), celui-ci abrite des Rohingyas, communautés musulmanes chassées depuis le mois d’août dernier de l’Etat Rakhine au Myanmar (Birmanie), un pays à 90% bouddhiste. «J’ai entendu parler de viol systématique de jeunes filles, qui étaient prises au piège dans des écoles et violées par des soldats. J’ai entendu parler de bébés qui étaient frappés à coups de pied comme des ballons de football et piétinés. J’ai entendu des membres de famille me dire comment ils ont vu leurs propres parents tués, juste sous leurs yeux», a-t-elle détaillé, ajoutant: «C’est quelque chose qui est inacceptable».

Rania de Jordanie, qui est par ailleurs le premier défenseur éminent des enfants de l’UNICEF, s’était rendue auprès de ces populations déplacées en sa qualité de membre du conseil d’administration du Comité international de secours (International Rescue Committee – IRC) et en tant que défenseur du travail des agences humanitaires de l’ONU. Elle allait rencontrer plus spécifiquement plusieurs femmes et enfants, qui ont récemment franchi la frontière vers le Bangladesh depuis l’Etat de Rakhine. Son service presse a indiqué qu’elle avait également visité les services d’urgence fournis par les agences humanitaires dans le camp, s’arrêtant au centre de soins médicaux géré par le UNHCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), ainsi qu’une école qui a été convertie en refuge pour accueillir des centaines de nouveaux arrivants, dont des enfants non accompagnés. Puis, elle s’est rendue dans les campements de fortune environnants, récemment mis en place, de manière désordonnée, pour fournir un abri supplémentaire aux réfugiés entrants.

Rania de Jordanie dénonce l’inaction mondiale face à une épuration ethnique

Accueillie dans le camp par le ministre bangladais des Affaires étrangères, ainsi que celle des Affaires féminines et de l’Enfance, la jeune femme de 47 ans a remercié le gouvernement et le peuple du Bangladesh pour leur «énorme compassion, bonté et générosité» dans le traitement de cette crise. S’adressant sur place à la presse, la reine Rania a appelé la communauté internationale à répondre «efficacement, rapidement et généreusement» pour alléger les souffrances de la minorité musulmane Rohingya du Myanmar, dénonçant l’inaction mondiale face à «ce que beaucoup reconnaissent maintenant comme une épuration ethnique des musulmans Rohingyas». «J’exhorte l’ONU et la communauté internationale à faire tout ce qu’ils peuvent pour arrêter la souffrance et la violence qui est commise contre les musulmans Rohingyas, non pas parce que c’est notre travail de le faire, mais parce que c’est ce que la justice exige», a-t-elle expliqué.

Rapportant ces propos, le Palais a précisé que la visite de la reine Rania de Jordanie dans ce camp coïncidait avec une conférence de haut niveau d’annonce de contributions qui se tenait ce même lundi à Genève « dans le but de mobiliser des ressources internationales pour le plan de réponse à la crise des réfugiés Rohingyas, dont le montant ferait de 434 millions de dollars pour aider 1,2 million de personnes jusqu’en février 2018″.

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