Le conflit catalan est entré dans sa phase décisive.

Après mille rebondissements de part et d’autre, le Sénat à Madrid devrait ce vendredi soir entériner l’application de l’article 155 de la Constitution, qui suppose la mise sous tutelle d’une région rebelle. Sauf surprise de dernière minute, ou revirement des séparatistes (la convocation de législatives anticipées), ces mesures d’exception devraient être en vigueur en Catalogne dès samedi matin, et pourraient occasionner de violentes altercations sur place.

Ce qui est en jeu ce vendredi, c’est ni plus ni moins que l’avenir de la Catalogne. Si réellement l’article 155 de la Constitution s’appliquait, les conséquences peuvent être catastrophiques.

Il faut imaginer le pouvoir central prendre à Barcelone le commandement de la police catalane et de ses 17 000 agents, de l’administration fiscale, du siège de l’exécutif avec la destitution de Puigdemont et de ses ministres, des médias publics comme la télévision TV3 et aussi du centre des télécommunications. en somme, une complète mainmise sur les institutions catalanes, y compris le Parlement.

Pour une bonne majorité de Catalans, cette situation serait vécue comme une humiliation, et il faudrait s’attendre à de vives résistances, à la fois des foules dans la rue comme de haut fonctionnaires catalans. Ce scénario, le pire qui se puisse imaginer pour tous, est aujourd’hui le plus vraisemblable. Mais on ne peut pas toutefois écarter la possibilité d’une main tendue de dernière minute, d’un revirement ou d’un énième coup de théâtre. Une certitude seulement ; la situation n’a jamais été aussi indécise, confuse, et dangereuse.

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