Selon Kiev, plus de 1440 personnes, dont 620 civils, auraient été victimes d’explosions depuis le début du conflit dans le Donbass, en 2014.

Alexeï Cherninkov marche précautionneusement le long d’une trouée large de deux mètres, taillée dans un champ de blé en friche. L’homme connaît par cœur le moindre centimètre de ce dédale artificiel qui s’étire tout droit, tourne à angle droit avant de buter sur une rangée de bâtons multicolores, sans raison apparente. Disposés à un mètre d’intervalle, les stickers rouges délimitent le chemin de traverse au-delà desquels on ne s’aventure qu’à ses risques et périls.

Les jaunes indiquent l’endroit précis où un engin explosif vient d’être retiré. C’est dans ce périmètre boueux, battu par la pluie et le vent, situé tout près de la ligne de front, que ce spécialiste ukrainien, rompu depuis seize ans à des missions semblables au Liban, passe ses journées. À proximité du fief rebelle de Donetsk, le lieu-dit s’appelle Mirna Dolina, «la Vallée de la Paix». «Si un jour on m’avait dit que j’allais déminer mon propre pays, je n’y aurais pas cru», sourit Alexeï.

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