Le limogeage de plusieurs princes et hommes d’affaires saoudiens s’inscrit dans une guerre fratricide enclenchée en 2015 par le roi Salmane au profit de son fils.

Mohammed ben Salmane va-t-il réussir la révolution de palais qu’il a déclenchée en Arabie saoudite ? En faisant arrêter dix princes et des dizaines d’anciens ministres saoudiens, l’héritier du trône âgé de 32 ans pourrait provoquer un changement de régime dans son pays. « Jamais un coup de force aussi spectaculaire ne s’est produit dans le royaume depuis l’avènement des Saoud », explique à l’Express Fatiha Dazi Heni*, spécialiste des monarchies du Golfe à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem).

Dans les querelles précédentes au sein de la famille royale, le vainqueur s’était toujours appuyé sur les autres branches de la famille, comme lors de la destitution du roi Saoud par son demi-frère Fayçal dans les années 1960. Cette fois, Mohammed ben Salmane -surnommé MBS, est sur le point de mettre fin à l’équilibre en vigueur depuis plusieurs décennies dans le pays entre les différents clans.

« Un changement radical mais pas inédit, nuance Nabil Mouline*, chargé de recherche au CNRS. Avant le décès du roi Abdel Aziz, en 1953, la structure du pouvoir était déjà verticale. Les luttes fratricides sont monnaie courante dans la péninsule. La monarchie saoudienne n’a pas de modèle de succession claire, primogéniture ou autre. C’est donc le plus fort qui s’impose. »

(à suivre)

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