En trentenaire était jugé au tribunal correctionnel de Carcassonne pour des faits du 4 juin dernier.

Sous contrôle judiciaire depuis le 6 juin dernier, Kamel, 34 ans, a été jugé devant le tribunal correctionnel (à juge unique) de Carcassonne vendredi, pour répondre de faits de «menace de mort matérialisée», commis le 4 juin dernier à Labastide-d’Anjou. Ce jour-là, en début d’après-midi, c’est pour un problème de circulation dans l’impasse où il réside que le prévenu a vu rouge à l’encontre de son voisin qui célébrait l’anniversaire de son jeune fils avec de la famille et des amis.

Des boules de pétanque jetées

C’est tout d’abord quand le prévenu a voulu sortir sa voiture de l’impasse pour aller se balader avec sa compagne et sa fille, qu’une première altercation a eu lieu avec le voisin qui jouait à la pétanque. Au retour, même scénario pour rentrer la voiture, avec une montée en puissance des insultes et des menaces entre chacun des protagonistes. Pris dans la bagarre, Kamel va alors essuyer un coup de tête qui va le rendre furieux, sans oublier les boules de pétanque jetées dans sa direction.

Sa famille finalement à l’abri à la maison, il va alors décider de se rendre à Castelnaudary où il a récupéré deux amis du quartier des Fontanilles pour venir avec lui. De retour dans l’impasse à Labastide, Kamel va alors sortir de sa voiture en brandissant un fusil à canon scié. Une arme sortie d’un sac à dos, qu’il pointe sur son voisin avant de tirer un coup de feu accidentel, qui ne blessera fort heureusement personne. La tension étant à son comble, des boules de pétanque vont de nouveau être lancées en direction du prévenu, qui finira par être maîtrisé et désarmé par des membres du groupe adverse. Rentré chez lui mais décidé à ne pas en rester là, Kamel est ensuite ressorti de son domicile muni d’un couteau de cuisine, avec lequel il a proféré des menaces.

Vendredi matin, s’il a reconnu son implication dans les faits qu’il ne conteste pas, le prévenu a expliqué à la présidente Valérie Reymond que lui et sa famille avaient été menacés en premier: «C’est parce qu’ils étaient en danger que j’ai agi comme ça !» A noter que Kamel avait déposé plainte contre son voisin, «mais qu’elle n’a même pas été enregistrée», a dénoncé son avocat Me Hichem Laredj.

Des expertises psychiatriques qu’il a subies, il ressort que le prévenu a «une personnalité dissociable, avec un mépris des normes et des règles sociales». On apprend aussi de Kamel, qu'»il existe chez lui une altération du contrôle de ses actes. Il ne supporte pas la frustration.»

«Mon client ne comprend pas qu’il soit le seul à la barre du tribunal aujourd’hui»

Lors de son intervention, la vice-procureure Sun-Yung Lazare est revenue sur le dossier où «tous les témoignages concordent». Et de s’inquiéter sur le risque de réitération des faits évoqué par l’expert psychiatre : «Le pire dans l’histoire, c’est que prévenu n’a pas l’air de comprendre pourquoi il est devant le tribunal. Il faudrait qu’il se pose les bonnes questions, lui qui a déjà onze condamnations à son casier judiciaire…» Huit mois de prison dont six avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve ont ainsi été requis.

«Ce que mon client ne comprend pas aujourd’hui, a souligné Me Hichem Laredj pour la défense, c’est qu’il est le seul à la barre. Aussi, il faut savoir qu’il n’y a aucun dépôt de plainte dans ce dossier, c’est le parquet qui a décidé de poursuivre… Si mon client a pris ce fusil, c’était pour se protéger lui et sa famille !»

Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné Kamel à huit mois de prison dont six avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans avec l’obligation de soins et l’interdiction de détenir une arme.

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