Les fermetures des comptes bancaires du Front National décidées par la Société Générale révélerait-il un problème démocratique? C’est en tout cas ce que pense Marine Le Pen. Si la question risque de ne pas être véritablement tranchée, on peut s’interroger sur la légalité de cette affaire et l’impact d’un possible boycott demandé pas le FN.

La position de Jean Messiha, haut fonctionnaire, conseillé de Marine Le Pen et ambassadeur de la refonte du Front National, est claire. Pour lui, la décision de la Société Générale de clôturer les comptes de son parti est une décision politique. Dominique Garabiol, professeur d’économie bancaire à l’université Paris 8, ne pense pas que le secteur bancaire soit politisé et il donne une première réponse à la question de la légalité du choix unilatéral de la Société Générale de clôturer les comptes du FN:     « Non il n’est pas politisé, sinon le FN n’aurait jamais pu ouvrir de compte. On leur reproche d’être très restrictives sur les problèmes des financements politiques, mais ce n’est pas leur vocation première. […] Elles n’ont aucune obligation d’ouvrir un compte. Il existe la liberté contractuelle qui fait qu’une banque peut être légitime à ne pas vouloir financer les partis politiques aujourd’hui. »