Selon une enquête du New York Times menée sur le terrain, les frappes de la coalition internationale en Irak ont été 31 fois plus meurtrières pour les civils que ce qu’a annoncé le Pentagone.

« Il y a un demi-siècle, les affirmations mensongères du Pentagone au sujet des morts civiles au Vietnam ont érodé la confiance du public et, en fin de compte, le soutien à la guerre », écrit le journal.

The New York Time ajoute : « L’armée américaine prétend aujourd’hui avoir appris les dures leçons de cette guerre et des guerres qui ont suivi. Mais, elle a en réalité mis en place un système élaboré visant à minimiser les pertes civiles. »

Selon The New York Times, depuis l’ère Obama, Washington annonce que les troupes américaines étudient minutieusement les angles d’attaque pour qu’aucun civil ne soit tué, mais malheureusement ces annonces ne sont en réalité que des prétentions mensongères.

Le Pentagone tuerait ainsi selon un récent rapport beaucoup plus de civils qu’il ne le reconnaît et le système conçu pour soi-disant assurer la transparence et la traçabilité des attaques américaines permettrait en réalité au Pentagone de tromper les autres pays et son propre peuple sur le bilan réel de ses frappes.

Le journal donne un exemple : la coalition militaire dirigée par les Américains a prétendu qu’il y avait en moyenne un civil tué toutes les 157 frappes aériennes lors des opérations contre Daech en Irak. Or, The New York Times a découvert que le ratio réel était d’une mort civile toutes les cinq frappes aériennes, soit un bilan plus de 31 fois supérieur à l’annonce du Pentagone.

Le vrai nombre, écrivent les auteurs du rapport, Azmat Khan et Anand Gopal, « est tellement éloigné des prétentions officielles qu’en termes de morts civiles, c’est peut-être la guerre la moins transparente dans l’histoire récente des États-Unis. »

Pour élaborer leur rapport, les auteurs ont visité les sites de près de 150 frappes aériennes dans le nord de l’Irak après que Daech en a été expulsé et ils ont interrogé des centaines de témoins, dont des survivants des attaques. Ils ont photographié des fragments de bombes, cartographié la destruction des sites avec des images satellite et ils ont récupéré des données auprès des experts de la base américaine au Qatar.

Le rapport cite aussi l’histoire tragique d’un irakien, Bassim Razzo, dont la femme, la fille, le neveu et le frère ont été tués en 2015 dans des frappes aériennes de la coalition sur deux maisons mitoyennes à Mossoul.

Des enregistrements vidéo et des sources écrites ont montré que la coalition avait mal identifié les deux maisons, les prenant pour des fabriques de bombes ou des centres de commandement de Daech. Et le rapport ajoute que la coalition a omis de mentionner la famille Razzo dans sa base de données comptabilisant les victimes civiles de la guerre.

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