Le «genre neutre» continue de gagner du terrain des deux côtés de l’océan Atlantique, poussé par le souhait général de rendre le langage «plus inclusif». Or, la France vient y opposer une timide résistance.

Le drapeau de la communauté LGBT

Alors que de plus en plus d’institutions occidentales, publiques comme privées, se penchent en faveur de l’emploi du «genre neutre» dans leur langage, le Premier ministre français, Édouard Philippe, semble avoir pris le contrepied, invitant les membres du gouvernement à bannir des textes officiels la dénommée «écriture inclusive» ardemment défendue par les milieux féministes.

«Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l’État doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme», a expliqué M.Philippe dans une circulaire publiée dans le Journal officiel de la République française.

Néanmoins, le «genre neutre» continue de gagner du terrain dans les langues européennes, et la polémique qui entoure ce processus ne va pas se calmer bientôt.

En Suède, Dieu n’est plus un homme

Plus tôt dans la semaine, c’est l’Église suédoise qui a créé une sorte de scoop à la fois linguistique et théologique, décidant de ne plus parler de Dieu comme s’il était un homme. D’ores et déjà, elle utilise le pronom personnel neutre, «hen», pour parler de Dieu. Motivée par le souci de rendre son langage plus inclusif, l’Église remplace également la formule «Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit» par «Au nom de Dieu, le Trinitaire».

L’archevêque de l’Église de Suède, Antje Jackelén, qui est d’ailleurs la première femme à avoir été élue à ce poste suprême, souligne que Dieu se trouve, en tout cas, «au-delà de nos déterminations du genre», n’étant pas un être humain.

L’Allemagne en passe de reconnaître le «troisième sexe»

Début novembre, le Tribunal constitutionnel fédéral allemand a donné au Bundestag jusqu’au 31 décembre 2018 pour voter la légalisation d’un «troisième sexe» sur les registres de naissance à côté des mentions «masculin» et «féminin». En attendant, l’administration ne sera pas en droit de contraindre les personnes intersexuelles à choisir de s’identifier en tant que masculin ou féminin.

Bien qu’il s’agisse d’une première pour l’Europe, il convient de rappeler que l’Australie a reconnu le «troisième sexe» il y a déjà trois ans. Fin 2016, le premier certificat de naissance «intersexe» a été délivré aux États-Unis à une femme née avec des organes reproducteurs à la fois mâles et femelles.

Le football aussi touché

La lutte pour la reconnaissance du «genre neutre» a gagné aussi les grands stades sportifs. Les clubs de foot anglais Swansea et Bournemouth sont devenus les premiers à offrir la possibilité aux supporters transgenres et non-binaires une identité de genre neutre.

Plus de «ladies and gentlemen» dans les transports de New York

La Metropolitan Transport Authority (MTA), qui gère des transports de New York, a récemment demandé à ses employés d’adopter des expressions qui ne fassent plus mention du genre.

Les annonces des conducteurs de bus et métros de la mégalopole américaine ne commenceront donc plus par «ladies and gentlemen» mais par des expressions plus inclusives comme «passagers» ou «tout le monde». Avant New York, Londres et Amsterdam avaient également opté pour ces changements.

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