Les investissements chinois sont les bienvenus en France, mais à condition qu’ils s’inscrivent dans la durée, a insisté samedi à Shanghai le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, appelant à la « réciprocité » sur ce terrain.

« Dans tous les secteurs, la Chine avance à une vitesse stupéfiante: c’est l’Usain Bolt des nations », a commenté M. Le Maire lors d’un discours à l’université shanghaïenne Jiaotong, au terme d’une visite de trois jours dans le pays.

Elle « va vite et frappe fort. Vous comprenez que ça puisse susciter certaines inquiétudes » en Europe, a-t-il ajouté, rappelant que la France restait ouverte aux investissements chinois à condition que ce soit de manière à surmonter ces « inquiétudes ».

Or, la balle est dans le camp de Pékin, a estimé le ministre, appelant à la nécessité d’une « réciprocité » entre les deux pays: un message qu’il avait martelé jeudi et vendredi à Pékin à l’occasion d’entretiens avec le vice-Premier ministre Ma Kai.

La simple présence du mot « réciproque » et la mention d' »un commerce (…) équitable » dans la déclaration finale du 5e dialogue économique et financier de haut niveau franco-chinois, vendredi, avait fait l’objet d’âpres négociations entre les deux délégations.

« On peut jouer avec ces inquiétudes (suscitées par le géant asiatique) et présenter la Chine comme une menace », mais « le protectionnisme est une mauvaise réponse », a plaidé M. Le Maire à Shanghai devant un parterre d’étudiants.

La « réciprocité », selon Bercy, suppose un accès au marché chinois pour les entreprises françaises identique à celui dont bénéficient d’ores et déjà les groupes du géant asiatique en Europe, alors que Pékin contine de verrouiller des pans entiers de son économie.

Par ailleurs, la France entend également signifier à la Chine que « les investissements prédateurs » et court-termistes « ne sont pas les bienvenus », insiste une source française proche du dossier.

A contrario, Bruno Le Maire a cité plusieurs fois comme un « succès » l’exemple du Club Med, spécialiste des villages vacances racheté en 2015 par le conglomérat chinois Fosun. L’opération a, selon le ministre, revalorisé ce fleuron du « patrimoine culturel » français en le faisant monter en gamme et en finançant son développement international.

Autre enjeu: les « nouvelles routes de la Soie », colossal plan d’infrastructures piloté par la Chine à travers l’Asie et jusqu’en Europe, et auquel la France se dit prête à participer… mais là aussi sous conditions, notamment en se basant sur les standards de gouvernance européens et en contrepartie d’un « commerce équitable et réciproque ».

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