Trois cadres du groupe ont été mis en examen vendredi pour «financement d’une entreprise terroriste», «violation du règlement européen» concernant l’embargo sur le pétrole syrien et «mise en danger de la vie d’autrui».

L’enquête sur les activités du groupe cimentier « Lafarge » en Syrie, soupçonné d’avoir financé l’État islamique de 2012 à 2014 pour maintenir en fonctionnement son site de Jalabiya, s’accélère. Trois cadres du groupe ont été mis en examen vendredi à l’issue de 48 heures de garde à vue pour «financement d’une entreprise terroriste», «violation du règlement européen» concernant l’embargo sur le pétrole syrien et «mise en danger de la vie d’autrui». Il s’agit de Frédéric Jolibois, directeur de l’usine en question à partir de l’été 2014, de Bruno Pescheux, son prédécesseur, et Jean-Claude Veillard, directeur de la sûreté du groupe. Les enquêteurs du SNDJ (douanes judiciaires) et les trois juges d’instruction chargés de cette affaire procèdent crescendo. On attend dans les prochains jours des placements en garde à vue d’autres ex-dirigeants de l’entreprise, dont Christian Herrault, superviseur de la région, Éric Olsen, DRH à l’époque (puis directeur général du groupe LafargeHolcim en 2016-2017) et Bruno Lafont, ex-PDG de Lafarge.

Cette affaire hors normes a été révélée l’an dernier et a fait l’objet d’une enquête interne dans le groupe. Les investigations des douanes auraient mis au jour des versements litigieux de l’ordre de 80.000 à 100.000 dollars par mois versés à des intermédiaires, dont le but était à la fois de permettre la circulation des employés dans une région gagnée par la guerre civile et d’assurer l’approvisionnement en pétrole du site. Une partie de ces fonds aurait fini entre les mains de Daech. Lafarge ne s’est retiré de Syrie qu’en septembre 2014, quand son usine est tombée aux mains de l’État islamique.

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