Le président français Emmanuel Macron a dit à son homologue américain Donald Trump sa « préoccupation », lundi, au sujet de la possible reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par les États-Unis.

Emmanuel Macron et Donald Trump lors du défile du 14 Juillet à Paris 2017.

Le président français, Emmanuel Macron, a dit lundi 4 décembre à son homologue américain, Donald Trump, sa « préoccupation » devant la possibilité de voir les États-Unis reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël.

« Emmanuel Macron a rappelé que la question du statut de Jérusalem devra être réglée dans le cadre des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, visant en particulier l’établissement de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité avec Jérusalem pour capitale », a annoncé l’Élysée dans un communiqué. Les deux hommes se sont entretenus par téléphone, indique le message, et « sont convenus de se reparler prochainement à ce sujet ».

La question est la même tous les six mois depuis plus de deux décennies : le président américain accepte-t-il de déménager l’ambassade des États-Unis en Israël vers Jérusalem, comme le prévoit une loi adoptée en 1995 par le Congrès, ou signe-t-il une dérogation pour la maintenir à Tel-Aviv, à l’instar du reste de la communauté internationale ? La nouvelle date-butoir pour renouveler la dérogation tombait théoriquement lundi. Jusqu’ici, les présidents successifs ont choisi la seconde solution.

Décision reportée

La Maison Blanche a de son côté fait savoir que la décision de Donald Trump sur le déménagement de l’ambassade d’Israël avait été reportée. « Le président a été clair sur cette affaire depuis le départ : ce n’est pas une question de si (l’ambassade sera effectivement déplacée de Tel-Aviv à Jérusalem, NDLR), c’est une question de quand », a affirmé Hogan Gidley, un porte-parole de la Maison Blanche. « Aucune action ne sera prise sur la dérogation aujourd’hui et nous annoncerons une décision dans les prochains jours », a-t-il ajouté.

Mais selon plusieurs observateurs, le milliardaire républicain est tenté par une troisième voie qui pourrait consister à repousser encore un tel déménagement tout en reconnaissant plus ou moins officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël. Il pourrait annoncer son choix mardi ou mercredi, selon des médias et des responsables américains.

Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur État tandis que la communauté internationale n’a jamais fait droit aux demandes d’Israël qui soutient que la ville est sa capitale. Le monde musulman l’a déjà mis en garde contre tout choix susceptible de ruiner ses espoirs de relance du processus de paix, les alliés des Palestiniens multipliant les avertissements et parlant de « grande catastrophe », « escalade », « violence ».

La Maison Blanche a également fait part de l’entretien téléphonique entre les deux présidents, indiquant qu’ils avaient évoqué la situation au Proche-Orient et en Irak, mais sans donner de précision sur les échanges qu’ils ont eus à propos de Jérusalem.

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