L’ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili, devenu opposant au pouvoir ukrainien, a été brièvement interpellé par la police à Kiev avant d’être libéré sous la pression de centaines de ses partisans descendus dans la rue.

L’ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili, désormais opposant ukrainien, été arrêté mardi 5 décembre à Kiev. Mais ses partisans ont bloqué le fourgon de police qui l’emmenait et ont réussi à le libérer en brisant les vitres et les portes arrière du véhicule.

Une fois libéré, Mikheïl Saakachvili, faisant de la main le « V » de la victoire, a appelé plusieurs centaines de ses partisans à une manifestation pacifique pour obtenir le départ du président ukrainien Petro Porochenko, qu’il a traité de voleur et de traître.

« Je vous appelle à une manifestation pacifique pour obtenir que Porochenko s’en aille ! Vous ne devez avoir peur de rien ! », a-t-il lancé à la foule, parlant dans un mégaphone, avant de conduire ses partisans devant le Parlement.

Mikheïl Saakachvili a été interpellé car il est soupçonné d’avoir voulu « prendre le pouvoir par la force » lors de manifestations anticorruption, a indiqué le procureur général Iouri Loutsenko. Il a en outre accusé l’opposant d’être financé par l’ex-président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch, déchu en 2014 à la suite du soulèvement pro-européen du Maïdan à Kiev. S’il est reconnu coupable, il risque cinq ans de prison.

La confrontation Saakachvili-Porochenko

Cette crise illustre la confrontation politique de longue date entre Mikheïl Saakachvili, qui se présente comme le pourfendeur de la corruption des autorités de Kiev, et le président Petro Porochenko, qui l’a déchu de sa nationalité ukrainienne en juillet.

Devenu opposant au gouvernement pro-occidental de Kiev après l’avoir soutenu, l’ancien président géorgien avait fait un retour spectaculaire en Ukraine en septembre, forçant le passage à un poste frontière aidé par ses partisans, et promettant de reprendre son combat contre « la dictature des oligarques » et le « pillage de l’économie » par les autorités.

L’ambassade des États-Unis à Kiev a appelé sur Twitter « toutes les parties à la désescalade et à éviter la violence ». À Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a pour sa part indiqué aux journalistes « suivre avec intérêt les événements actuels en Ukraine », qualifiant la situation de MikheïlSaakachvili de « difficile ».

Le président géorgien Giorgi Margelachvili a de son côté estimé sur Twitter que cette situation relevait d’une « affaire intérieure de l’Ukraine » tout en espérant que la sécurité de son prédécesseur soit assurée.

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