Une mosquée située en plein coeur de Marseille est sous le coup d’un arrêté de fermeture de six mois en raison des prêches radicaux de son imam, El Hadi Doudi, un influent prédicateur salafiste.

Trois feuilles A4 sont scotchées sur la porte principale de la mosquée As-Sounna: par arrêté du préfet de police des Bouches-du-Rhône, ce lieu de culte qui a pignon sur rue depuis plus de 10 ans fermera jeudi.

En cause? Les prêches qui y sont tenus et la personnalité de son dirigeant, l’imam algérien El Hadi Doudi, arrivé en France en 1981 et qui « s’inscrit dans la mouvance islamiste radicale ». Au point de devenir « une référence du salafisme », actif dans sa mosquée marseillaise et sur internet, selon l’arrêté.

Depuis la fin de l’état d’urgence en France, début novembre, deux mosquées, qui avaient déjà été frappées d?interdiction ont été fermées, et trois autres n’ont pas rouvert, selon des chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur.

« On a attendu longtemps cette décision », témoignait mardi le vice-président du Conseil représentatif du culte musulman (CRCM) en région Paca, Abderrahmane Ghoul. L’imam El Hadi Doudi est « le chef spirituel d’une tendance qui appelle à la haine et à la violence », martèle-t-il. « On l’a averti, on a essayé de le convaincre, mais malheureusement il n’écoute pas ».

M. Doudi « est l’un des principaux référents de courant salafiste quiétiste » en France, a estimé sur Twitter le chercheur spécialiste de l’islam Romain Caillet. Ce courant fondamentaliste rejette la violence armée, contrairement au salafisme jihadiste qui la promeut.

A l’appui de sa décision, la préfecture relève des prêches qui légitiment « le djihad armé et la mise à mort des auteurs d’adultère et des apostats ».

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