Le socialiste Alejandro Guillier et le conservateur Sebastian Piñera, qui s’affrontent dimanche au second tour de la présidentielle au Chili pour succéder à la socialiste Michelle Bachelet, étaient au coude-à-coude pour diriger une des principales économies d’Amérique latine.

Le premier tour du 19 novembre, riche en surprises, a secoué l’échiquier politique chilien. Donné archi-favori, Piñera, l’ex-chef d’Etat (2010 -2014) de droite et milliardaire, est finalement arrivé en tête, mais avec un score bien moindre que prévu (36,6 %), devant le journaliste Guillier (22 %).

Autre fait marquant, la performance (20 %) de la candidate d’extrême gauche Beatriz Sanchez, 46 ans, véritable surprise de ce scrutin. Sa formation, le Frente Amplio, une coalition formée par d’anciens dirigeants de manifestations étudiantes, est ainsi devenue la troisième force politique du pays.

Le scrutin de dimanche, où 13,4 millions de Chiliens sont appelés à voter, est « des plus incertains depuis le retour de la démocratie », souligne le directeur du Centre d’analyse de l’université de Talca, Mauricio Morales.

Après l’échec retentissant des instituts de sondages, dont certains donnaient gagnant Sebastian Piñera et accusés d’avoir sous-évalué Beatriz Sanchez, les Chiliens « ne disposent pratiquement pas d’information crédible ou fiable permettant de prédire un résultat » au deuxième tour, ajoute-t-il.

La dernière enquête date du 1er décembre: elle donnait les deux adversaires à égalité et 21,4 % des électeurs qui ne savaient pas pour qui voter.

« L’élection va être très disputée », abonde René Jara, analyste de l’université de Santiago pour qui la présidence devrait se joueur à moins de 100.000 voix.

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