Rassemblement devant une prison et vidéo-conférence de l’indépendantiste Carles Puigdemont retransmise dans cent meetings simultanés: une étrange campagne électorale touche à sa fin en Catalogne, où les électeurs décideront jeudi s’ils veulent maintenir les séparatistes au pouvoir.

Le scrutin dans cette riche région du nord-est de l’Espagne aura été précédé d’une campagne opposant un camp « espagnoliste » ultra-mobilisé et des indépendantistes qui accusent l’Etat de chercher à les museler en les poursuivant pour rébellion et sédition après leur tentative de sécession.

Pour bien souligner encore ce message, une délégation indépendantiste s’est déplacée mardi jusqu’à la prison d’Estremera pour rencontrer la presse sur un plateau battu par un vent glacial, à quelque 60 km de Madrid.

Le vice-président indépendantiste destitué Oriol Junqueras et un autre ex-ministre régional, Joaquin Forn, y sont incarcérés depuis plus d’un mois.

La délégation était attendue par une vingtaine de militants d’extrême droite criant « Puigdemont en prison » ou « séparatistes terroristes ».

« Je suis là pour défendre mon pays », a dit l’un d’entre eux, Antonio Fuentes, un Andalou de 56 ans agitant un drapeau espagnol et armé d’un haut-parleur diffusant des chants patriotiques.

« Comme ces messieurs indépendantistes sont là pour protester contre l’application de la loi, moi je viens dire qu’elle doit être appliquée ».

« Nous sommes là pour dénoncer l’injustice absolue que représente le fait d’avoir des personnes innocentes en prison (…) en raison de leurs idées pacifiques, représentant le point de vue de la plupart des citoyens de Catalogne », a affirmé pour sa part le député catalan Antoni Castella, membre du parti PDECat du président destitué Carles Puigdemont.

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