Les bureaux de vote ont ouvert jeudi en Catalogne où les électeurs décident si les indépendantistes doivent revenir au pouvoir dans leur région, deux mois après la proclamation d’une République de Catalogne mort-née qui a ébranlé l’Espagne.

Comme dans le reste de la Catalogne, les électeurs barcelonais se sont précipités ce jeudi matin. « Les gens voulaient voter avant d’aller travailler ; il y avait la queue dehors avant 9 h », témoigne Monica, volontaire au bureau ouvert dans l’école Ramon Llull. Cet établissement du quartier de l’Eixample avait été le théâtre de violences policières le 1er octobre. Aujourd’hui évidemment, l’ambiance est toute autre, avec beaucoup de familles et d’enfants qui accompagnent les parents car ils n’ont pas classe aujourd’hui.

Passé ce premier rush, l’affluence n’a pas ralenti. Il faut toujours attendre pour aller glisser son bulletin dans l’urne. « C’est une journée importante pour l’Espagne », assure Antonio, un retraité qui attend son tour. « Non ! Seulement pour les Catalans ! », le rabroue son épouse.

2 680 bureaux sont ouverts toute la journée jusqu’à 20 h pour accueillir plus de 5,5 millions d’électeurs. Il n’est a priori pas prévu de sondage de « sortie des urnes ». Et les premières estimations pourraient n’arriver qu’en fin de soirée.

Puigdemont ou Junqueras ?

Depuis la dissolution du Parlement régional après le référendum illégal du 1er octobre et la proclamation d’indépendance qui a suivi, la Catalogne n’a plus de gouvernance autonome.

Deux blocs s’affrontent pour ce scrutin voulu par Madrid : les séparatistes, avec la liste de Carles Puigdemont Junts per Catalunya et celle de la Gauche républicaine emmenée par Oriol Junqueras.

135 sièges de députés sont à pourvoir. Parmi les candidats indépendantistes, trois sont en fuite en Belgique et deux sont en prison. Dont les deux leaders, Puigdemont et Junqueras

Le résultat s’annonce très serré, aucun des deux camps ne semble mieux placé que l’autre pour emporter les 68 sièges qui lui assureraient la majorité absolue.

Une fois encore c’est une coalition qui gouvernera la Catalogne. Si aucun camp ne l’emporte, le parti de la gauche radicale Podemos pourrait jouer l’arbitre car il n’est dans aucun des deux camps.

Mais les offres qu’il a faites sont pour le moment repoussées. Et beaucoup d’observateurs pronostiquent un blocage qui amènerait un nouveau vote dans les six mois.

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