Deux journalistes birmans de l’agence Reuters arrêtés en Birmanie le 12 décembre ont comparu jeudi devant un tribunal et ont été maintenus en détention, a annoncé la police birmane.

La semaine dernière, le ministère birman de l’Information a affirmé que Wa Lone, 31 ans, et Kyaw Soe Oo, 27 ans, avaient « obtenu des informations de manière illégale dans l’intention de les partager avec des médias étrangers ». Les Nations unies, réagissant à de récentes allégations dans la presse birmane, ont démenti vendredi avoir reçu des informations des deux journalistes.

Selon le site internet du magazine Irrawaddy, qui cite des sources proches des services de renseignement militaires, les deux hommes auraient transmis à l’Onu des photographies sur les violences dans l’Etat de Rakhine (Arakan). Reuters a également démenti ces allégations. Mercredi, un porte-parole de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a indiqué que la police avait pratiquement bouclé ses investigations sur les deux journalistes. A l’issue de cette première phase, une procédure judiciaire sera ouverte contre Wa Lone et Kyaw Soe Oo, a ajouté Zaw Htay. Les deux journalistes auront alors la possibilité de rencontrer un avocat ainsi que des membres de leurs familles.

Kyaw Soe Oo et Wa Lone sont poursuivis dans le cadre de la législation sur les Secrets officiels, une loi datant de 1923 qui prévoit des peines allant jusqu’à quatorze ans de prison. Le porte-parole d’Aung San Suu Kyi, citant le ministère de l’Intérieur et la direction de la police, a ajouté qu’ils étaient détenus à Rangoun et qu’ils étaient en bonne santé. L’agence Reuters, par la voix de son président et directeur des rédactions, Stephen Adler, a réclamé leur libération. Les Etats-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne ont notamment protesté contre leur arrestation, de même que le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et des associations de défense de la presse ou des droits de l’homme. Wa Lone et Kyaw Soe Oo travaillaient notamment sur la crise des Rohingyas, communauté musulmane du nord-ouest du pays dont 655.000 membres ont fui depuis la fin août au Bangladesh voisin la répression menée dans l’Etat de Rakhine (Arakan).

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