Inès Arrimadas, chef de file de Ciudadanos qui mène campagne pour l’union de la région avec Madrid, fait la course en tête dans les sondages, au coude à coude avec les indépendantistes.

La promesse de renouvellement qu’elle porte va au-delà de cette seule question: elle souhaite balayer les vieux partis.

Elle est devenue en quelques semaines de campagne le visage de l’anti indépendantisme. Inès Arrimadas, 36 ans, chef de file de Ciudadanos en Catalogne, a su charmer une partie de l’électorat catalan grâce à son discours rassembleur et sans concession. Par sa jeunesse, elle incarne une promesse de renouvellement. Si bien qu’elle pourrait créer la surprise lors du scrutin de jeudi : les sondages la placent au coude à coude avec les indépendantistes du parti ERC.

Fan du Barça depuis son plus jeune âge, Inès Arrimadas n’est pourtant pas née en Catalogne. Sa famille, originaire de Salamanque, dans le centre du pays, est passée par Barcelone avant de s’installer tout au sud du pays, en Andalousie, non loin de Cadix. C’est là qu’Inès Arrimadas voit le jour, à Jerez de la Frontera, petite dernière d’une fratrie de cinq enfants.

Étudiante, Inès Arrimadas se lance dans le droit, comme son père, à l’université de Séville. À Nice, grâce à Erasmus, elle décroche un diplôme de commerce international. Devenue consultante, elle s’installe à Barcelone. Un parcours grâce auquel elle s’exprime aussi bien en espagnol, anglais, français ou catalan.

Ascension fulgurante

C’est à Barcelone qu’elle assiste à son premier meeting de Ciudadanos, parti de centre droit fondé en 2006 pour faire face aux nationalistes. Cette voie, différente de celle proposée par les deux grands partis historiques de gauche et de droite, séduit Inès Arrimadas. Elle devient porte-parole des jeunes du parti en 2011. L’année suivante, elle fait son entrée au Parlement catalan. En 2015, elle deviendra chef de l’opposition. En 2017, elle mène la campagne.

Une ascension fulgurante comme l’époque actuelle sait en enfanter. Jeune et issue du secteur privé, Inès Arrimadas représente le renouvellement. Son discours, clair et sans compromis, rassure de nombreux Espagnols venus travailler en Catalogne et inquiets de la perspective d’une indépendance. Elle entend cependant rassembler au-delà de ses propres supporters. «Ce n’est pas une crise de la Catalogne face au reste de l’Espagne: elle se déroule entre Catalans», dit-elle à La Vanguardia . Elle-même est directement impactée par la fracture politique qui mine la société catalane. Son mari n’est autre qu’un ancien député indépendantiste.

Le message que porte Inès Arrimadas ne se limite pas à la question de l’indépendance ou de l’union. Elle souhaite balayer «le bipartisme rance des rouges et des bleus», des socialistes (PSOE) et du Parti populaire (PP) pour faire place à sa politique de «centre, démocrate et libérale». Face au PP, qui se réclame également de ces valeurs, elle affirme que Ciudadanos est «progressiste, réformiste et avec les mains propres. Le PP est conservateur, immobile et est frappé par de grandes affaires de corruption, comme d’autres partis.»

Futur incertain

Son arrivée dans le monde politique n’a pas fait que des heureux. «J’ai clairement souffert d’attaques machistes, d’insultes machistes, de commentaires machistes et d’analyses machistes comme toute femme qui occupe un poste à responsabilité, explique-t-elle. Nos grands-mères ont lutté pour l’égalité des droits, la nôtre sera l’égalité réelle.»

Aucun parti n’est assuré d’obtenir une majorité stable. De longues négociations sont sans doute à prévoir. Inès Arrimadas espère réunir sous son nom tous les non indépendantistes. Depuis le retour de la démocratie, jamais un parti non indépendantiste n’est arrivé en tête des élections. Et la Catalogne n’a jamais connu qu’un seul président de cette tendance.

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