Le scrutin régional a remis en selle les indépendantistes avec lesquels le président du gouvernement refuse de dialoguer.

«Puigdemont: 34. Rajoy: 3!» La directrice de campagne du président catalan destitué, Carles Puigdemont, annonce les sièges obtenus par les partis politiques en Catalogne comme si elle donnait le score d’un match de football. Et boit du petit-lait. Jeudi soir, à l’hôtel Catalonia Eixample de Barcelone où Junts per Catalunya (JpC, centre-droit indépendantiste) célèbre la soirée électorale, Elsa Artadi poursuit: «Indépendance: 70. Article 155 (l’article de la Constitution qui a permis la mise sous tutelle de la Catalogne, dont l’application est défendue par les trois partis non indépendantistes, NDLR): 57!» Les militants exultent. Le parti de Puigdemont aurait pu ajouter un dernier score pour enfoncer un peu plus son adversaire: Ciudadanos: 37. Parti populaire: 3.

C’est en effet une triple gifle qu’a reçue le gouvernement espagnol en ouvrant les urnes des élections catalanes. D’abord, le bloc indépendantiste renouvelle sa majorité. Les sécessionnistes remportent des élections convoquées par Rajoy dans l’objectif de résoudre la crise d’État posée par le défi séparatiste. Ensuite, sa formation, le Parti populaire (PP, droite) est reléguée à la dernière place, avec 4,25 % des voix et 3 députés dans un Parlement qui en comprend 135. Le PP, dernier parti de la Chambre, sera même privé de groupe parlementaire. Enfin, le parti arrivé premier en Catalogne est le plus grand rival du PP en Espagne : Ciudadanos chasse sur les terres de la droite avec ses propositions libérales sur les questions économiques et sociales et son programme jacobin en politique territoriale.

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