Chômage ou précarité, tel semble être le dilemme auquel sont confrontés nombre de gouvernements européens. Jacques Sapir recevait donc Josse Roussel, professeur à la Paris School of Business et Jérôme Vignon, Président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

Depuis près de quarante ans, le niveau de vie des pays européens n’a cessé d’augmenter. Pourtant, la population vivant en situation de pauvreté ou menacée de pauvreté n’a pas diminué, et a même au contraire augmenté. Pourquoi? On évoque souvent le chômage, la perte d’emploi, pour expliquer ce problème. Pourtant, le chômage est loin de tout expliquer. Cette question est également liée au développement économique.

Pour Jérôme Vignon, président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES), le niveau de protection sociale et la qualité du marché du travail sont deux facteurs décisifs pour déterminer la pauvreté: «Les pays qui sont le mieux en terme de résultats dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale sont ceux qui disposent d’un système relativement étendu de protection sociale. […] On ne peut pas lutter contre la pauvreté sans avoir d’abord un système de redistribution sociale aussi complet que possible. Le second point qui distingue les pays qui s’en sortent bien ou qui améliorent leur situation, c’est la qualité du marché du travail.»

Partageant ce constat, Josse Roussel, professeur à la Paris School of Business, considère que sur le plan de la lutte contre la pauvreté, «la France est plutôt bien positionnée, au même titre que les pays scandinaves». Il remarque également «une réduction de la pauvreté assez significative dans les pays d’Europe centrale et orientale, les fameux « PECO », qui ont rejoint l’Union européenne, par exemple la Pologne qui connait une période de croissance relativement vigoureuse depuis quelques années».

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