L’ancien chef de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, a porté plainte ce mercredi contre le procureur spécial Robert Mueller et le ministère de la Justice

pour avoir outrepassé leur mandat dans l’enquête sur une collusion présumée entre la Russie et l’équipe du candidat républicain qui aurait influencé le scrutin de 2016.

M. Manafort, inculpé fin octobre notamment pour blanchiment d’argent dans le cadre de ses activités de lobbyiste, estime que le ministère et le ministre-adjoint Rod Rosenstein ont donné à M. Mueller une trop grande indépendance dans son enquête. L’ancien directeur du FBI aurait ainsi poursuivi M. Manafort pour ses activités de conseil à l’ancien président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch, des faits antérieurs à la campagne électorale.

«L’enquête sur M. Manafort est complètement séparée des prérogatives originelles du procureur spécial sur tout lien et/ou coordination entre le gouvernement russe et des individus associés à la campagne du président Donald Trump», indique la plainte.

M. Mueller peut enquêter sur « tout sujet découlant directement ou indirectement » d’une éventuelle collusion, ce qui lui donne de facto les coudées franches. Selon M. Manafort, ce large éventail n’est pas autorisé par le règlement du ministère de la Justice.

Les conséquences de la plainte

Si la plainte est jugée recevable, elle limiterait la possibilité pour M. Mueller et son équipe d’enquêter sur les finances de M. Trump, dont des contrats avec des investisseurs immobiliers russes. En juillet, le président avait estimé que sa situation financière était une « ligne rouge » pour M. Mueller. Et si elle est classée sans suite, elle s’ajoutera à une récente campagne des Républicains visant à décrédibiliser les enquêteurs, selon des observateurs.

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