En 2018, la zone euro devrait suivre le même rythme de croissance que l’an passé avec une hausse du PIB de 2,3 % selon les estimations de la Banque centrale européenne (BCE). Toutefois des incertitudes politiques pèsent sur l’activité économique.

La zone euro est enfin sortie de la croissance molle dans laquelle elle était confinée ces dernières années. Elle devrait être, comme en 2017, assez solide dans la plupart des pays de la région. Le climat des affaires est au plus haut depuis 17 ans et le chômage devrait continuer à baisser. Ce dynamisme s’explique par le fait que la zone euro est en train de combler son retard conjoncturel.

La zone euro a vécu comme toutes les autres économies mondiales la crise de 2009, mais en 2012-2013 elle a vécu une crise spécifique qui est celle de la dette souveraine. « Donc l’Europe a pris du retard conjoncturel qu’elle n’a comblé ni en 2013 ni en 2014 lorsqu’il y a eu un début de reprise. Les pays de l’Eurogroupe sont en train de réparer les stigmates de la crise de dette souveraine et c’est pour ça que la zone euro va plus vite que les autres zones », estime Dorian Roucher, économiste à l’INSEE, Institut national des statistiques.

Incertitudes

Mais malgré ces bonnes perspectives, certaines incertitudes politiques en Europe risquent de freiner ce dynamisme. C’est le cas de la crise politique en Allemagne. Depuis le mois de septembre, la chancelière Angela Merkel n’arrive pas à former un gouvernement de coalition. Une situation préoccupante pour les Européens.

La situation politique est également incertaine en Italie. Des élections générales auront lieu début 2018 avec un retour possible au pouvoir de Silvio Berlusconi. « Ça serait un formidable retour en arrière pour l’Italie et l’Union européenne qui montrerait qu’elle est incapable de se renouveler et ça ne sera pas un bon signal », selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset management.

Le Brexit est considéré comme une autre incertitude par la Commission européenne, une incertitude relative à la future relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. L’issue des négociations de divorce entre Londres et Bruxelles est incertaine.

Enfin, la crise catalane est un autre inconnu. Si la crise perdure, la Catalogne peut déstabiliser toute l’économie espagnole. La région représente en effet 20% de la richesse du pays. Sans compter que d’autres régions d’Europe aux mêmes aspirations séparatistes pourraient suivre l’exemple de la Catalogne.

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