Cette nouvelle loi brise, sous certaines conditions, le tabou des grilles salariales en Allemagne. Avec l’objectif de réduire les écarts entre les femmes et les hommes.

Depuis samedi, les Allemandes ayant l’impression d’être moins bien payées que leurs collègues masculins pourront en avoir le coeur net. Du moins si elles travaillent dans une entreprise de plus de 200 salariés, et si au moins six personnes de l’autre sexe exercent le même emploi qu’elles au sein de leur entreprise. C’est ce que permet, depuis le 6 janvier, la loi sur la transparence des salaires -« EntTranspG ».

« Monstre de bureaucratie » pour les uns, « ballon de baudruche » pour les autres, « la loi, résume la féministe Teresa Bücker, concerne 14 millions de salariées. » Dont Britta. A 47 ans, cette brune et dynamique salariée d’une agence de réservations par téléphone de voyages d’affaires est convaincue d’être moins bien payée que ses collègues hommes. Mais comme la plupart des contrats de travail allemands, celui de Britta lui interdit de parler de sa rémunération avec ses collègues.

La loi allemande garantit en effet l’opacité des grilles salariales, sauf pour les salariés bénéficiant d’une convention collective de branche -qui fixe en détail les niveaux de salaire selon l’âge et l’ancienneté des salariés- ce qui n’est pas le cas de Britta. A son retour de vacances mi-janvier, la salariée en poste depuis douze ans est bien décidée à saisir son comité d’entreprise, qui déposera pour elle une demande anonyme écrite auprès de la direction. L’employeur de Britta aura alors trois mois pour communiquer le montant du salaire moyen des hommes exerçant la même fonction qu’elle. « Bien sûr, je ne saurai pas combien gagne Schulz ou Schmidt, qui sont assis en face de moi et qui font exactement le même travail que moi: répondre toute la journée au téléphone, casque sur la tête, pour un salaire de misère. Mais au moins, je saurai enfin si je gagne beaucoup moins que la moyenne des huit hommes du service ! »

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