La journée de mardi s’annonçait rude pour Andrej Babiš à la Chambre des députés. Une semaine après le report du vote, son gouvernement minoritaire devait solliciter la confiance des députés.

Surtout, comme cela était attendu, la Commission en charge des mandats et des immunités a recommandé à la Chambre basse de lever son immunité immunitaire dans le cadre de l’affaire dite du Nid de cigognes.

Compte tenu de la répartition des forces au sein de la Chambre basse du Parlement et de son rejet unanime par les autres partis, il était acquis, avant même la tenue du vote, que le cabinet composé majoritairement de ministres issus du mouvement ANO n’obtiendrait pas la confiance des députés. Un nouveau gouvernement, peut-être cette fois de coalition, devra donc être formé dans les semaines à venir. Toujours très probablement avec Andrej Babiš en qualité de Premier ministre, conformément à ce qu’a annoncé le président de la République, Miloš Zeman, chargé de sa nomination comme de celle du gouvernement selon la Constitution.

La principale information de la journée aura donc été l’annonce commune faite en début de matinée par Andrej Babiš et le vice-président du mouvement ANO Jaroslav Faltýnek. Avant même l’examen de leur cas par la commission en charge des mandats et des immunités, les deux hommes ont demandé à ce que soit levée leur immunité parlementaire de façon à pouvoir être livrés à la police, qui les accuse depuis plusieurs mois déjà d’avoir détourné des fonds européens pour financer le projet dit du « Nid de cigognes ».

« Nous n’avons jamais envisagé avec mon collègue Faltýnek de refuser de nous livrer à la justice. C’est une évidence. Nous vivons dans un pays où il existe des institutions qui mènent leurs enquêtes en toute indépendance. Nous souhaitons donc que soit levée notre immunité parlementaire de façon à ce que l’enquête puisse enfin se poursuivre et que moi notamment ne sois plus la cible d’attaques incessantes. »

Dans la foulée de cette annonce, la commission en charge des mandats et des immunités a donc recommandé à la Chambre des députés, comme le Premier ministre s’en doutait lui-même, de voter en faveur de la levée de l’immunité parlementaire d’Andrej Babiš et de Jaroslav Faltýnek. Onze des dix-neuf membres de la commission se sont prononcés en faveur de cette recommandation, seuls les membres du mouvement ANO s’étant abstenus, comme le confirme une des leurs, par ailleurs vice-présidente de la commission, Taťána Malá :

« Nous respectons pleinement la décision prise par Andrej Babiš et Jaroslav Faltýnek d’accepter de faire l’objet de poursuites en justice. Néanmoins, les circonstances de cette affaire et les informations que nous avons pu obtenir dans le dossier ou à travers les témoignages font que nous ne pouvions pas nous prononcer en faveur de la levée de leur immunité parlementaire. Nous ne pouvons pas exclure la possibilité qu’il s’agisse là avant tout d’une affaire aux implications politiques. »

Depuis l’éclatement de l’affaire il y a quelques mois de cela, cette ligne de défense est également celle d’Andrej Babiš, qui s’estime victime des pratiques en cours dans les milieux politiques tchèques.

Mardi en début d’après-midi, aucune décision n’avait encore été prise par les députés quant au moment du vote relatif à la levée ou non de l’immunité parlementaire des dirigeants du mouvement ANO. Tandis que certains partis appelaient à ce qu’une décision soit prise avant la tenue du vote de confiance, d’autres entendaient remettre celle-ci à une date ultérieure.

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